Des entreprises canadiennes regardent vers l'Iran

Un changeur d'argent à Téhéran montre des rials et leur équivalent en dollars. Un changeur d'argent à Téhéran montre des rials et leur équivalent en dollars.  Photo :  Reuters

Plusieurs entreprises canadiennes des secteurs agroalimentaire, pharmaceutique, minier, financier ou encore de la restauration se montrent déjà intéressées par les occasions d'affaires en Iran, alors qu'Ottawa prévoit de lever progressivement les sanctions visant ce pays, a constaté Radio-Canada.

Un reportage de Bahador ZabihiyanTwitterCourriel

À l'instar de l'Union européenne et des États-Unis, le Canada entend lever certaines sanctions qu'il impose à l'Iran et ainsi se conformer à une demande de l'ONU.

Ottawa n'a pas fourni de calendrier pour l'instant, mais depuis plusieurs mois déjà, des compagnies canadiennes se montrent vivement intéressées par les opportunités d'affaires dans ce pays.

Ainsi, le cabinet d'avocat Gowlings à Montréal a reçu plusieurs appels d'entreprises canadiennes qui regardaient vers Téhéran.

« Il y a un intérêt, on l'a vu dans le domaine financier, dans le domaine agroalimentaire. » — Ali Amadee, avocat de la firme Gowlings

Des entreprises avaient notamment des questions au sujet des sanctions sévères qui les empêchaient de faire affaire avec la République islamique, dit l'avocat Ali Amadee, qui ne peut nommer les compagnies en question pour l'instant.

Mohammad Darehshiri, un des responsables de la firme de consultants Vakil Group, a aussi remarqué un intérêt de la part de plusieurs entreprises canadiennes. Sa compagnie conseille les compagnies canadiennes attirées par le marché iranien. Des compagnies du domaine de l'alimentation, des boissons et de la restauration l'ont approché.

Des entreprises fabriquant des médicaments génériques et des compagnies produisant du matériel médical l'ont également contacté. « On a aussi été approché par des compagnies œuvrant dans le secteur des mines », rajoute-t-il.

Il ajoute que des compagnies canadiennes du domaine de la restauration souhaitant avoir des franchisés en Iran l'ont aussi contacté.

En tout, une demi-douzaine d'entreprises canadiennes se sont montrées « sérieusement intéressées » à faire affaire avec l'Iran, mais aucune compagnie de grande taille, affirme M. Darehshiri.

« On trouve que présentement, les grandes compagnies canadiennes n'ont pas montré beaucoup d'intérêt, je pense qu'elles attendent. On a eu beaucoup d'intérêt venant de compagnies de taille moyenne. » — Mohammad Darehshiri, directeur financier, Vakil Group

C'est que, pour l'instant, les sanctions canadiennes empêchent pratiquement toute forme de commerce entre l'Iran et le Canada. Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a annoncé mardi à la Chambre des communes l'intention d'Ottawa de lever les sanctions.

Ali Amadee, avocat chez Gowlings, dit que les investissements canadiens en Iran sont impossibles pour le moment à cause des sanctions, mais que la situation va changer bientôt. Ali Amadee, avocat chez Gowlings, dit que les investissements canadiens en Iran sont impossibles pour le moment à cause des sanctions, mais que la situation va changer bientôt.  Photo :  Bahador Zabihiyan

« Présentement c'est une intention, mais l'intention, c'est ce qui mène évidemment à des changements de règles et de règlements », dit M. Amadee. Mais les entreprises canadiennes devront composer avec les compagnies européennes, déjà particulièrement actives en Iran, étant donné que l'Union européenne a déjà levé certaines de ses sanctions.

Plusieurs multinationales ont commencé à faire affaire avec l'Iran, comme l'avionneur Airbus. Des détaillants français, comme l'équipementier sportif Décathlon ou la compagnie de cosmétiques Sephora, ont aussi fait part de leur intention de s'implanter dans ce pays, selon des médias français.

Au Canada, Bombardier a déjà envoyé une équipe en Iran pour promouvoir ses avions et ses trains.

M. Darehshiri estime que SNC-Lavalin aurait aussi un intérêt à s'implanter en Iran, étant donné que la firme québécoise y était déjà présente avant les sanctions. SNC-Lavalin n'a pas souhaité commenter.