Entorses à l'éthique gouvernementale à l'ACDI

Le commissaire à l'intégrité du secteur public, Mario Dion Le commissaire à l'intégrité du secteur public, Mario Dion  Photo :  PC/Adrian Wyld

Un des dirigeants de l'Agence canadienne de développement international (ACDI) a profité de sa position et des services de fonctionnaires fédéraux pour mener des dossiers commerciaux personnels, dénonce le Commissaire à l'intégrité du secteur public, Mario Dion.

Dans un rapport déposé mardi aux deux Chambres du Parlement, à Ottawa, Mario Dion soutient qu'un directeur général de l'ACDI, sans toutefois préciser son identité, « a fait preuve d'un grave manque de jugement et a fait fi des politiques et règles gouvernementales ». Le directeur général visé par ce rapport n'est plus à l'emploi de l'ACDI aujourd'hui, précise Mario Dion.

Selon M. Dion, cet ex-DG s'est livré à des activités commerciales personnelles en faisant « un usage abusif des biens et des actifs du gouvernement » et en ordonnant au personnel administratif « d'accomplir des tâches qui sont liées à ces activités commerciales personnelles ».

Le commissaire Dion ajoute qu'en agissant ainsi, le DG en question a enfreint les règles d'éthique en se plaçant, en toute connaissance de cause, en situation de conflit d'intérêts à plusieurs reprises. Le commissaire reproche également d'avoir conclu des contrats personnels avec un organisme qui fait déjà affaires avec le gouvernement canadien.

Le commissaire Dion se déclare par ailleurs satisfait des réponses que lui a fournies la présidente de l'ACDI, Margaret Biggs.

« Le fait de parler de problèmes qui portent sur des actes répréhensibles commis par la haute direction peut se révéler difficile. Il est encourageant de voir que des fonctionnaires fédéraux ont confiance dans le système et qu'ils signalent au Commissariat ce genre d'actes répréhensibles », a conclu Mario Dion.

Ce n'est pas la première fois que le secteur de la coopération internationale se retrouve sous les projecteurs pour des questions d'éthique et d'intégrité. En juillet dernier, la ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, avait dû démissionner après voir évité une condamnation pour outrage au Parlement par un comité permanent de la Chambre des communes.

En plus d'être accusée d'avoir abusé des fonds publics en logeant dans un hôtel de grand luxe à Londres lors d'un voyage, Mme Oda avait admis avoir fait de fausses déclarations en comité parlementaire et aux Communes à propos du refus d'une subvention fédérale à l'organisme humanitaire Kairos.

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