Les Italo-Canadiens craignent de perdre leur droit de vote italien

Lili Boisvert
Radio-Canada
Une Italienne vote aux élections régionales de Scicile.

Alors que le Canada refuse de reconnaître les circonscriptions extraterritoriales de pays étrangers sur son territoire, les Italiens établis au Canada réclament le droit de voter aux élections nationales de leur pays, comme l'ont fait des Français et des Tunisiens.

« Alors qu'en 2012, d'autres communautés expatriées ont pu exercer au Canada leur droit de vote dans le cadre de leurs élections nationales, cette situation frustrante est considérée comme totalement injuste par les Italo-Canadiens. » — Giovanni Rapanà, du Conseil général des Italiens de l'étranger pour le Canada

En effet, les Français et les Tunisiens du Canada ont pu voter lors des élections de leurs pays, dans le dernier cas contre l'avis d'Ottawa. Du côté de la France, l'ambassadeur avait exposé l'été dernier que les ambassades et les consulats étaient de juridiction française, et qu'à ce titre, des bureaux de vote pouvaient y être aménagés. Un accord en ce sens était intervenu avant les élections.

La Tunisie avait elle aussi maintenu son scrutin sur le territoire canadien en 2011.

Or, contrairement aux Français et aux Tunisiens, les Italiens en sol canadien se retrouvent dans une situation particulière, parce que la loi italienne exige que les circonscriptions extraterritoriales soient autorisées par les pays concernés.

Ainsi, si les Italiens imitaient les Français et les Tunisiens, leur vote pourrait ne pas être comptabilisé en Italie.

Giovanni Rapanà, membre élu du Conseil général des Italiens de l'étranger pour le Canada, fait valoir qu'en 2006, alors que les libéraux fédéraux étaient au pouvoir, et en 2008, lorsque les conservateurs étaient minoritaires, le droit de voter des Italiens avait été officieusement reconnu. Mais cette fois, le gouvernement n'a pas répondu à la demande, alors que les élections italiennes sont prévues au début de 2013.

Le pays se prépare à des élections anticipées après l'annonce de la démission de l'actuel président du conseil des ministres, Mario Monti. L'ancien chef d'État italien Silvio Berlusconi a déjà déclaré qu'il se représenterait au scrutin.

Le Canada est le seul pays inclus dans une circonscription italienne qui refuse d'autoriser le vote italien, déplore M. Rapanà. Les États-Unis, l'Australie, l'Argentine, le Brésil, l'Uruguay, le Venezuela et l'Afrique du Sud, notamment, ont déjà autorisé « depuis longtemps » leurs citoyens italiens à voter, mais aussi à se porter candidats aux élections générales italiennes, souligne-t-il dans une lettre envoyée au bureau du premier ministre Stephen Harper.

Ottawa considère que les circonscriptions extraterritoriales contreviennent à sa souveraineté, et même s'il n'a aucun moyen légal d'empêcher les électeurs étrangers de voter, le gouvernement dit tout de même s'attendre à ce que ses exigences soient respectées.

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