L'opposition dénonce le choix d'un vérificateur général unilingue anglophone

Michael Ferguson Michael Ferguson

Après la nomination d'un juge unilingue anglais à la Cour suprême, c'est le choix par le gouvernement Harper d'un vérificateur général qui ne maîtrise pas le français qui irrite maintenant l'opposition.

Un choix qui lui apparaît surprenant, considérant que l'affichage du poste de vérificateur général prévoyait que la « maîtrise des deux langues officielles est essentielle ».

Michael Ferguson, un ancien vérificateur général du Nouveau-Brunswick, vient d'être nommé vérificateur général du gouvernement fédéral, en remplacement de Sheila Fraser, qui a récemment pris sa retraite.

Mardi, les trois partis d'opposition ont dénoncé en choeur le choix du gouvernement.

Ils y voient une tendance du premier ministre Stephen Harper de faire fi du bilinguisme lors de la sélection des juges et des hauts fonctionnaires du gouvernement.

Sans compter qu'il s'agit, selon eux, d'un manque de respect envers la population francophone.

« Moi, je trouve ça un mépris total du Québec », s'est indignée la bloquiste Maria Mourani. Elle juge notamment inacceptable que le vérificateur ne puisse présenter oralement ses rapports aux députés dans les deux langues officielles.

Les employés du bureau du vérificateur général ne pourront pas communiquer avec leur patron en français s'ils le souhaitent, a aussi fait remarquer le porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière de langues officielles, Yvon Godin.

« C'est la continuité de ce gouvernement-ci de nommer des personnes unilingues. On a jamais vu encore le gouvernement conservateur nommer un unilingue francophone, c'est toujours un anglophone », a-t-il déploré.

« Il me semble que les gens méritent que des personnes, dans des postes comme ça payées à 322 900 $, soient capables de parler les deux langues officielles de notre pays pour respecter les deux langues officielles », a ajouté M. Godin.

Il a d'ailleurs envoyé mardi une plainte auprès du commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.

« Je tiens à souligner que le gouvernement contrevient ainsi à ses propres règles. La série de nominations unilingues à des postes clé par le gouvernement conservateur ne laisse présager rien de bon pour la dualité linguistique du pays », a écrit M. Godin dans sa lettre.

Quant au gouvernement, il a éludé la question posée à ce sujet en Chambre par le Bloc québécois.

« Comme toujours, notre gouvernement s'assure de faire des nominations au mérite, et le but premier est d'offrir le meilleur service aux Canadiens », s'est contenté de répondre le ministre Christian Paradis.

Le Bureau du premier ministre n'a pas rappelé La Presse canadienne mardi après-midi, et le Bureau du Conseil privé -- pourtant impliqué dans le processus de sélection -- n'était pas en mesure de préciser dans l'immédiat les critères utilisés pour le choix d'un nouveau vérificateur général.

Le Parti libéral et le Bloc québécois ont affirmé ne pas avoir été consultés par le premier ministre pour le choix du vérificateur.

Ce poste étant lié au Parlement, la nomination de M. Ferguson devra être au préalable approuvée par une résolution de la Chambre des communes et du Sénat.


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