Le ministre Moreau conteste certaines conclusions du rapport

Le ministre des Transports, Pierre Moreau, assure que son ministère donnera suite au rapport de l'Unité anticollusion , dont Radio-Canada a obtenu copie mercredi.

Dans ce rapport, le directeur de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, affirme que les enquêteurs ont découvert « un univers clandestin et bien enraciné, d'une ampleur insoupçonnée, néfaste pour notre société aussi bien sur le plan de la sécurité et celui de l'économie, que sur celui de la justice et de la démocratie ».

En entrevue à Radio-Canada, le ministre des Transports a affirmé que le rapport avait déjà été transmis au ministère et que la sous-ministre doit rencontrer M. Duchesneau pour tenter d'établir avec lui quelles sont les meilleures pratiques pour contrer la collusion.

La réaction du ministre Pierre Moreau


Pas de liens entre les extras et les partis

Le rapport de M. Duchesneau présente le témoignage d'un ingénieur qui explique qu'un stratagème permet aux entrepreneurs qui obtiennent des « extras » [nommés « dépassements de coûts » au ministère] de blanchir de l'argent. Un montant d'argent obtenu grâce à ces extras est gardé en partie par la firme et une autre partie, blanchie, sert au financement de partis politiques.

« Laissez-moi vous rassurer sur une chose, dit le ministre Moreau en réaction à ces allégations. Vérifications faites avec la direction des services juridiques du ministère et avec la sous-ministre du ministère des Transports, les extras - ou les excédents de coûts - sont vérifiés au plan administratif par les fonctionnaires du ministère des Transports et sont autorisés, lorsqu'ils sont recommandés, par la sous-ministre ».

M. Moreau assure qu'il n'y a aucune intervention politique dans la gestion des ces extras. « Ces éléments-là ne montent pas au cabinet du ministre. On ne peut donc pas faire un lien entre les dépassements de coût, et le financement des partis politiques », conclut-il.

En 2010, trois entreprises liées au groupe de génie-conseil Axor ont toutefois reconnu avoir utilisé des prête-noms pour verser plus de 150 000 $ au Parti libéral du Québec, au Parti québécois et à l'Action démocratique.