Le baby-boom pousse Québec à accueillir moins d'immigrants, dit Weil

Des immigrants prêtant serment (archives).  Photo :  Citoyenneté et Immigration Canada

Le gouvernement Charest justifie sa volonté de baisser légèrement le nombre d'immigrants admis au Québec sur une base annuelle par la poussée démographique de la province.

C'est du moins ce qu'a affirmé la ministre de l'Immigration et des Communautés culturelles, Kathleen Weil, dans une entrevue accordée vendredi au Réseau de l'information (RDI).

« L'Institut statistique du Québec nous dit maintenant - leurs prévisions ont changé depuis la dernière publication - [...] grâce à l'augmentation du taux de natalité et du taux de fécondité, le Québec est en très très bonne position du point de vue démographique », explique Mme Weil.

La ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles a annoncé jeudi sa volonté d'accueillir 200 000 immigrants durant la période allant de 2012 à 2015, soit une moyenne de 50 000 immigrants par année.

Il s'agit d'une baisse de 8 % par rapport au nombre d'immigrants que le Québec a accueillis l'année dernière, soit 54 000. Ce chiffre représente cependant une augmentation de 30 % par rapport aux 35 000 immigrants admis par la province en 2001.

Le seuil d'immigration a graduellement été augmenté par Québec depuis cette époque. Le seuil actuel de 55 000 a été adopté il y a environ trois ans. La hausse avait été approuvée par le Parti québécois, mais avait été dénoncée par l'Action démocratique du Québec.

Les besoins du Québec en matière de main-d'oeuvre sont l'autre facteur qui pousse le ministère à abaisser quelque peu le seuil d'immigration. Selon Mme Weil, les immigrants seront appelés à combler 15 % des 740 000 emplois qui seront à pourvoir d'ici 2014.

« On cherche des gens qui sont qualifiés, des gens qui sont scolarisés, des gens qui sont jeunes et qui parlent français. C'est le profil de personnes qu'on recherche pour nous permettre de croître du point de vue économique, social et culturel », a expliqué la ministre.

Québec souhaite également s'assurer de mieux diversifier l'immigration, en rééquilibrant la proportion d'immigrants issus des grands bassins géographiques, soit l'Afrique, l'Asie, les Amériques et l'Europe.

Québec voudrait faire en sorte que la proportion d'immigrants issus de chacun de ces bassins ne dépasse pas 30 %. En conservant les bassins géographiques actuels, cette politique désavantagerait les immigrants issus de l'Afrique, qui comptaient pour 37 % des immigrants l'année dernière.

Les bassins géographiques peuvent cependant être redéfinis à la discrétion de la ministre. « Le concept de bassin est un concept qui peut être fluide. Ça peut être un pays, ça peut être un groupe de pays, ça peut être un continent », a expliqué Mme Weil à RDI.

35 % des immigrants ne connaissent pas le français

Le document remis en conférence de presse présente un état de la situation. On y apprend notamment qu'à leur arrivée au Québec, 35 % des immigrants ne connaissent pas le français. De plus, la proportion d'immigrants ayant un niveau élevé de maîtrise du français tend à diminuer.

Dans ses orientations, la ministre préconise donc de continuer à admettre à l'immigration une majorité de personnes connaissant déjà le français et à augmenter le niveau de français des candidats à l'immigration.

« Le succès de notre politique d'immigration s'appuie sur une sélection qui s'arrime aux besoins actuels du Québec, sur une offre de francisation toujours plus diversifiée et flexible et sur des services d'intégration qui facilitent l'accès au marché du travail », a dit Kathleen Weil.

Consultations à venir

La ministre mènera une consultation au cours des prochains mois pour tester les orientations de sa politique. « La consultation publique est l'occasion de mener ensemble une réflexion qui nous permettra de tisser encore plus solidement la trame d'un Québec riche de sa diversité », a-t-elle déclaré.

« La planification de l'immigration concerne l'ensemble des Québécoises et des Québécois. » — Kathleen Weil

Le public peut soumettre au plus tard le 18 mai 2011 un mémoire à la Commission des relations avec les citoyens de l'Assemblée nationale. Il peut aussi répondre au questionnaire accessible dans le site Internet de la Commission.


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