La négligence à l'origine de l'explosion meurtrière au Grand Riviera

Les explications de Philippe Leblanc

L'explosion qui a tué cinq Canadiens à l'hôtel Grand Riviera Princess au Mexique, le 14 novembre dernier, est due à la négligence.

Une enquête de CBC sur place révèle également que les responsables de l'hôtel ont tout fait pour dissimuler les informations pouvant mener aux véritables raisons de ce grave incident.

Aujourd'hui encore, les employés de l'hôtel gardent le silence. Ils n'ont pas le droit de s'exprimer au sujet de cette explosion meurtrière. Les enquêteurs se heurtent au même problème.

Nos collègues de la CBC ont appris que le premier appel d'urgence n'a eu lieu que 15 minutes après la déflagration. Une fois sur les lieux, les équipes de secours ont été bloquées par les employés du Grand Riviera Princess.

Le procureur général, Francisco Alor, croit que les responsables ont essayé de protéger l'image de leur hôtel plutôt que de s'occuper de la tragédie.

Dans les minutes qui ont suivi l'explosion, les autorités mexicaines avaient privilégié l'hypothèse d'une accumulation de gaz naturel dans le sous-sol de l'immeuble, sous le vestibule de l'hôtel, qui se serait ensuite enflammé.

Selon le procureur, il y a bel et bien eu négligence. Les images de la CBC montrent de petites fissures subies lors de l'installation de la conduite de gaz. C'est ce qui a provoqué l'explosion.

L'enquête révèle aussi que selon les plans de l'édifice, les conduites ne devaient pas être installées sous le lobby de l'hôtel. Les travaux ont été effectués sans permis.

Pourtant, sur les plans, on peut lire une certification officielle indiquant que tout est conforme. Le problème est que cette certification est datée d'après le 14 novembre 2010, jour de l'explosion, explique le procureur qui ajoute que quatre personnes font face à la justice.

Quant aux responsables du Grand Riviera Princess, après avoir accepté dans un premier temps de répondre aux questions de nos collègues de la CBC, ils se sont rétractés à la dernière minute en prétextant qu'ils étaient tous malades en même temps.

Avec un reportage de Philippe Leblanc

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