Changer pour durer

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Jean Pronovost, président de la Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois Le président de la commission, Jean Pronovost

Un volumineux rapport, commandé par le gouvernement du Québec et réalisé par la Commission québécoise sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire, recommande des changements de taille pour assurer l'avenir d'une industrie qui implose en ce moment.

Un rapport de la Commission québécoise sur l'avenir de l'agriculture formule 49 recommandations pour assurer l'avenir de l'industrie agroalimentaire au Québec, dont celle de revoir le monopole syndical de l'Union des producteurs agricoles.

Dans son document de 274 pages intitulé, Agriculture et agroalimentaire: assurer et bâtir l'avenir, la commission propose 49 recommandations, dont celle de revoir le monopole syndical de l'Union des producteurs agricoles (UPA), qui regroupe 44 000 membres.

La commission, présidée par Jean Pronovost, propose aussi:

  • de modifier le système de soutien financier de l'État pour les agriculteurs;
  • de généraliser l'application de l'étiquette « Aliments du Québec » afin de faire la promotion des produits québécois;
  • de hausser les exigences de formation des agriculteurs;
  • d'obliger les agriculteurs à respecter l'environnement, sous peine de perdre l'aide financière gouvernementale.

Par ailleurs, la commission s'attarde sur les retombées de l'agriculture sur la santé et souhaite d'ailleurs la disparition des antibiotiques et des pesticides, ainsi que la généralisation de la traçabilité des aliments.

De plus, les auteurs du rapport se montrent inquiets de la présence des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les aliments et préconisent l'étiquetage des produits qui en contiennent. Ils invitent du reste Québec à faire pression sur Ottawa en ce sens, car il s'agit d'une compétence fédérale.

La commission égratigne également le ministère de l'Agriculture, qui manque de leadership, selon elle. Québec devrait revoir ses priorités budgétaires, miser davantage sur la recherche et l'innovation et affirmer clairement sa mission alimentaire, estime la commission.

Le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, a accueilli favorablement le rapport et s'est engagé à y donner suite dans le cadre d'une politique d'ensemble de l'agriculture.

Le ministre Lessard a même accepté une part du blâme. « On doit reprendre ce leadership-là », a-t-il dit en point de presse.

L'UPA contrariée

Le président de l'UPA, Christian Lacasse, s'insurge contre la recommandation de la commission de briser le monopole syndical de son organisation.

Selon M. Lacasse, 94 % des 44 000 producteurs agricoles du Québec ont adhéré à l'UPA par choix et non par obligation.

Réactions positives

Pour sa part, Greenpeace voit dans ce rapport un « moment historique pour l'agriculture québécoise ». Le groupe écologiste parle de « tournant écologique ».

Le porte-parole de Greenpeace, Éric Darier, se réjouit notamment de la recommandation sur l'étiquetage obligatoire des OGM, de la fin du monopole syndical de l'UPA et du nouveau modèle agricole proposé, plus axé sur l'écologie.

De son côté, Solidarité rurale salue la « vision novatrice » proposée par le rapport et le « nouvel équilibre » qu'il propose entre les citoyens, les agriculteurs, les transformateurs alimentaires et les collectivités.

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