À l'heure des bilans

Les trois leaders nord-américains réunis à Montebello Les trois leaders nord-américains réunis à Montebello  Photo :  AFP/MANDEL NGAN

Comme prévu, les trois dirigeants nord-américains réunis à Montebello ont conclu leurs travaux, mardi, sans annoncer de nouveaux accords majeurs. Ils se sont d'ailleurs bornés, lors d'une conférence de presse de clôture, à rapporter les sujets qu'ils ont abordés, sans entrer dans les détails.

Le premier ministre Stephen Harper et les présidents américain George W. Bush et mexicain Felipe Calderon concluent leurs discussions sur le commerce et la sécurité sans annoncer d'entente majeure.

Le premier ministre canadien, Stephen Harper, et les présidents américain et mexicain, George W. Bush et Felipe Calderon, se sont néanmoins félicités des discussions qu'ils ont eues lors de cette rencontre, tenue dans le cadre du Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP).

M. Harper a souligné que les trois pays étaient « de bons voisins et de bons amis », qui étaient à la fois « indépendants et interdépendants ». À l'instar de ses invités, il a réitéré sa foi en des frontières bien protégées, mais sans entrave au commerce.

Le président Bush a affirmé qu'il était dans l'intérêt des États-Unis de travailler en collaboration avec les Canadiens et les Mexicains. Depuis la ratification de l'accord de l'ALENA, a-t-il dit, le volume des transactions commerciales entre les trois pays est passé de 293 à 883 milliards de dollars par année.

Cet accord a permis d'améliorer les salaires et la qualité de vie des citoyens, affirme le président américain, et il importe que des rencontres au sommet aient lieu pour déterminer comment poursuivre dans la même voie. Il a estimé que la rencontre avait permis de faire de « bons progrès » en vue de l'élimination d'obstacles au commerce.

Le président Calderon a souligné qu'un énorme programme attendait les trois pays au cours des prochaines années. Il s'est montré soucieux de mieux expliquer les bienfaits de cette alliance entre les trois pays pour les consommateurs. Des relations plus étroites, a-t-il dit, entraînent la fabrication de produits de meilleure qualité.

Dans un communiqué conjoint, MM. Harper, Bush et Calderon ont annoncé la concrétisation d'un Plan nord-américain de préparation contre la grippe aviaire et la grippe pandémique, un Cadre de coopération en matière de réglementation, une Stratégie d'action sur la propriété intellectuelle et un Accord trilatéral de coopération en science et technologie énergétiques.

Réponse aux critiques

Les trois dirigeants ont par ailleurs commenté les critiques formulées par différents groupes de la société civile et des partis d'opposition à l'égard du manque de transparence et de la finalité des discussions qui ont eu cours à Montebello.

Selon eux, il est inexact que les travaux menés dans le cadre du PSP contribuent à éroder la sécurité nationale. Le premier ministre Harper a ouvert le bal en racontant qu'un dirigeant d'entreprise avait dénoncé que les normes pour les bonbons à la gelée (jellybeans) n'étaient pas les mêmes au Canada et aux États-Unis. « Notre identité sera-t-elle en danger si on change ces règles? M. Dion le pense, mais pas nous », a-t-il ironisé.

Le président Calderon a soutenu que de telles rencontres étaient entourés de mythes, souvent amusants. La réalité, a-t-il dit, est qu'elles peuvent accroître la qualité de vie des gens et stimuler les investissements.

Le président Bush a soulevé les « tactiques de peur » employées par de nombreux opposants, qui, dit-il, soulèvent des théories du complot et forcent ceux qui sont visés à prouver que ça n'existe pas. Il s'est dit amusé par la différence entre les spéculations et la réalité.

Souveraineté en Arctique et Afghanistan

Interrogé sur la souveraineté du passage du Nord-Ouest, le président Bush et le premier ministre Harper ont reconnu qu'ils n'étaient pas sur la même longueur d'ondes. Le président Bush a dit croire qu'il s'agissait là d'un passage international, tandis que Stephen Harper a réitéré sa volonté de réaffirmer la souveraineté canadienne sur le territoire.

Le président Bush s'est aussi fait demander ce qu'il pensait de la contribution canadienne en Afghanistan. Il a dit que le Canada avait fait un travail « fabuleux » et que ses troupes faisaient plus que se battre contre les talibans puisqu'ils participent aussi à la reconstruction du pays. La décision de poursuivre ou non la mission au-delà de février 2009 reviendra au Parlement canadien.

Les gens d'affaires plaident leur cause

En matinée, les trois dirigeants nord-américains se sont réunis pendant un peu plus d'une heure avec une trentaine de représentants d'entreprises. Les membres du Conseil nord-américain de la compétitivité ont présenté leurs propositions pour libéraliser le commerce entre les trois pays.

Le Canada était notamment représenté par Dominic D'Alessandro, PDG de la Financière Manuvie et E. Hunter Harrison, PDG de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. Paul Desmarais fils, président du conseil et co-chef de la direction de Power Corporation du Canada, et Michael Sabia, PDG de BCE, brillaient toutefois par leur absence.

Calderon avance son départ

Des restes des manifestations de lundi à proximité du Château Montebello Des restes des manifestations de lundi à proximité du Château Montebello  Photo :  PC/Jonathan Hayward

Le président Bush a quitté le pays au terme de cette conférence de presse. Le président Calderon, qui devait originalement partir mercredi, a pour sa part devancé son départ pour pouvoir rentrer chez lui, en raison de l'ouragan Dean qui frappe le Yucatan.

Du côté des manifestants, après une journée assez mouvementée, ils ont pour la plupart quitté la région. Réunis lundi aux portes du site de villégiature, ils dénonçaient notamment le secret qui entoure les discussions des leaders et des gens d'affaires.

Quatre personnes avaient été arrêtées au cours de la journée. Seule l'une d'entre elle demeure détenue; les trois autres ont été remises en liberté sous condition.

Le Partenariat pour la sécurité et la prospérité

Le Partenariat pour la sécurité et la prospérité (PSP) a été lancé en mars 2005 à Waco, au Texas. Ni accord ni traité, le PSP est présenté comme un instrument international de concertation s'appuyant sur les ententes déjà existantes entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, dont au premier chef l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).

Le PSP vise une coopération accrue entre les trois partenaires sur des questions comme la santé publique, la gestion des catastrophes naturelles ou d'attaques terroristes, la sécurité aux frontières, la sécurité énergétique, etc. Le commerce est le dénominateur commun de tous ces thèmes, la stabilité et la sécurité étant considérées comme les conditions préalables à la prospérité.

Dans ce cadre, les trois pays se sont adjoint les services du secteur privé pour déterminer les mesures propices au développement économique. Une trentaine de multinationales du Conseil nord-américain de la compétitivité (CNAC) - un organe du PSP créé en juin 2006 - participent à ce titre au sommet de Montebello. Leurs rencontres se tiennent à huis clos. Le manque de transparence du processus a été largement critiqué.

Source: extrait de notre dossier sur Le sommet de Montebello 2007

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