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Haïti se reconstruit: Le blogue de Dorothée Giroux

Depuis le séisme du 12 janvier, Haïti tente de se remettre sur pied, avec l'aide de la communauté internationale. En plus de ce vaste chantier, le pays s'apprête à entrer en campagne électorale, en vue du scrutin du 28 novembre prochain.

Dorothée Giroux est en Haïti, où elle prépare une série de reportages qui seront diffusés en septembre à l'émission Désautels. Entre-temps, elle alimentera ce blogue tout au long de son séjour.

Qui est Dorothée Giroux



En Haïti, la rentrée scolaire a connu de sérieux ratés. Plusieurs institutions n'ont pas été en mesure d'accueillir les élèves. Des enfants manquaient aussi à l'appel, car les parents ne sont plus en mesure de payer des frais de scolarité.

Reportage diffusé à Désautels le 8 octobre 2010

Les projets de reconstruction ne manquent pas en Haïti. Pour le moment, c'est l'argent des pays donateurs qui fait défaut : 30 % des fonds promis pour 2010 n'ont pas encore été reçus. Les engagements pour les années suivantes tardent aussi à se concrétiser, ce qui ralentit le processus de reconstruction.

Des progrès ont quand même été accomplis depuis le tremblement de terre du 12 janvier. Des écoles, des routes, quelques hôpitaux et un certain nombre d'abris sont en train d'être rebâtis. Ce n'est pas assez pour remplacer tout ce qui a été détruit, pas assez pour répondre à tous les besoins. Mais, comme le rapporte Dorothée Giroux, il y a quand même un début, quoique modeste, de reconstruction.



Deux photos prises dans l'urgence de l'hôpital de l'Université d'État d'Haïti :

Urgence de l'hôpital de l'Université d'État d'Haïti


Urgence de l'hôpital de l'Université d'État d'Haïti


Ce qui reste de l'Université américaine des sciences modernes d'Haïti :

Urgence de l'hôpital de l'Université d'État d'Haïti


En Haïti, un petit nombre de sinistrés quittent la tente de toile dans laquelle ils habitent depuis de longs mois pour s'installer dans un abri temporaire.

Mais la très grande majorité des déplacés — il y en a plus de 1,3 million — vont devoir patienter encore plus longtemps.

À cause des millions de mètres cubes de débris à enlever, des droits de propriété à clarifier, des pays donateurs qui tardent à respecter leurs engagements et à verser les milliards de dollars promis pour 2010 et 2011. De retour d'Haïti, Dorothée Giroux fait le point sur la reconstruction de maisons pour les sinistrés, dans un reportage diffusé à Désautels.


Reconstruction, oui. Reconstruction de tout ce qui a été détruit? Non. Pas vraiment. Pas encore.

Chose certaine, il y a construction d'abris provisoires. Pas assez. Pas partout. Jusqu'à présent, 11 425 petites maisons temporaires ont été construites : 2220 à Port-au-Prince et dans les villes environnantes, 1655 à Léogâne, 1250 à Jacmel, 787 à Gressier, 573 à Grand-Goâve et 92 à Petit-Goâve.

Les organisations non gouvernementales qui s'occupent de reloger les réfugiés du séisme ont tout ce qu'il faut actuellement en Haïti pour construire 15 000 abris de plus. Tout, sauf le terrain. Les ONG sont en attente d'identification de sites et de préparation de terrains pour installer ces milliers d'abris.

Le 12 juillet, six mois jour pour jour après le séisme, plus de 300 tentes (comme celles-ci) du camp Corail-Cesselesse ont été détruites lors d'un violent orage.
Le 12 juillet, six mois jour pour jour après le séisme, plus de 300 tentes (comme celles-ci) du camp Corail-Cesselesse ont été détruites lors d'un violent orage


 Le camp Corail-Cesselesse


Ici, à Corail-Cesselesse, un camp à une quinzaine de kilomètres de Port-au-Prince, la construction d'abris temporaires progresse. Lentement. Mais la vue de mortier et d'assemblage de panneaux de contreplaqué redonne espoir aux réfugiés du séisme qui ont hâte de voir une petite maison prendre la place de la tente de toile dans laquelle ils habitent depuis de trop longs mois.

 Le camp Corail-Cesselesse


Des réfugiés examinent les maisonnettes construites au camp Corail-Cesselesse.


Le camp Corail-Cesselesse

Est-ce qu'il y a de la reconstruction en Haïti? Oui, il y a de la reconstruction, mais ça ne paraît pas. La destruction est trop colossale, et la reconstruction, encore trop limitée, pour que cela soit vraiment visible.

Sept mois et demi après le séisme, les rues de Port-au-Prince ressemblent à ce qu'elles étaient quelques semaines après le tremblement de terre. Destruction partout où on pose le regard.

Débris dans un quartier résidentiel de Port-au-Prince
Débris dans un quartier résidentiel de Port-au-Prince

Les restes d'une des universités privées de Port-au-Prince
Les restes d'une université privée de Port-au-Prince

Ce qui reste d'un laboratoire d'une université privée de Port-au-Prince.
Ce qui reste d'un laboratoire de cette université.

Débris devant une université privée de Port-au-Prince
Débris devant l'université

Mais ce qui frappe l'oeil maintenant, ce sont les débris : 25 millions de mètres cubes. Un gros chiffre qui n'arrive pas à traduire la multitude d'amas de pierres et de morceaux de béton qui meublent les terrains, encombrent les trottoirs et bloquent même certaines rues de la capitale haïtienne.

Si on mettait ces débris dans des conteneurs, et qu'on les alignait bout à bout, il y en aurait assez pour couvrir la distance entre Londres et Jérusalem ou entre New York et Las Vegas. L'opération enlèvement des débris est interminable parce qu'ils sont, entre autres, enlevés à la main. Il y a, en plus, très peu de sites pour les entreposer. La tâche est gigantesque.

Avant de reconstruire, il faut démolir et se débarrasser des débris.
Avant de reconstruire, il faut démolir et se débarrasser des débris.

Avant de reconstruire, il faut démolir et se débarrasser des débris.


Un exemple : à la mi-février, je me suis rendue sur le site d'un hôpital qui s'est affaissé lors du tremblement de terre. Le propriétaire de l'hôpital privé était sur les lieux pour surveiller l'opération déblayage, menée par un opérateur de pelle mécanique. La structure de l'édifice était encore visible.

Je suis retournée sur le site il y a quelques jours : plus aucune trace de l'immeuble, sauf la montagne de débris beaucoup plus imposante qu'en février. Les travaux de déblayage continuent... Personne n'ose dire quand le site sera prêt pour la reconstruction.

De la même façon, personne à Port-au-Prince n'avance de chiffres sur les coûts du déblayage. La Commission intérimaire sur la reconstruction a bien prévu un projet de 17 millions de dollars pour ramasser et recycler les débris, mais en faisant bien comprendre que la somme est loin de couvrir la totalité des opérations d'enlèvement des décombres.

Espoir de reconstruction près du Champ-de-Mars
Espoir de reconstruction près du Champ-de-Mars

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