Logo Radio-Canada
Les Britanniques aux urnes


Michel Labrecque est en Grande-Bretagne pour couvrir les élections législatives qui auront lieu le 6 mai prochain.

Les adversaires : le premier ministre travailliste, Gordon Brown, qui tente de conserver le pouvoir, le chef du parti conservateur, David Cameron, et l’étoile montante de la gauche, le libéral-démocrate Nick Clegg.


Qui est Michel Labrecque



Finalement, ils l’ont fait!!!

Personne n’y croyait. Aucun des candidats que j’ai rencontrés, aucun politologue, personne parmi les nombreux citoyens que j’ai croisés durant 11 jours de couverture de la campagne électorale britannique.

Et pourtant ils y sont parvenus : le nouveau conseil des ministres du gouvernement de coalition entre les conservateurs de David Cameron et les libéraux démocrates de Nick Clegg a tenu sa première réunion hier.

Et dire que les Britanniques croyaient que gérer un parlement minoritaire était impossible. Ils viennent de donner toute une leçon de diplomatie politique. Sur cette page du Guardian, vous verrez comment chaque parti a mis de l’eau dans son vin (ou dans son thé, si vous préférez…).

J’ai vécu la fin du thriller à Montréal, car il était prévu que je rentre tout de suite après l’élection pour occuper d’autres tâches. Mais je vous présente ce dernier texte pour boucler la boucle.

Voici aussi l’analyse que le politologue Jacques Reland faisait de cet extraordinaire dénouement à l’émission Désautels, animée en remplacement par votre humble serviteur.



Évidemment, toute la question est de savoir si cette coalition, qui semble contre nature, va tenir longtemps. Et si le référendum sur la réforme électorale va tenir.

En attendant, on n'en a que pour le nouveau couple politique, Cameron-Clegg. Les tabloïds s’en donnent à cœur joie, sans renier leur vocation fondamentale.

Détail de la une du Daily Express
Détail de la une du Daily Express

Un blogueur les a aussi surnommés « TwiddleCam et TwiddleClegg », référence aux Twiddledum et Twiddeldee d'Alice au pays des merveilles.

Et sur cet extrait de leur conférence de presse conjointe, Cameron admet avoir traité Clegg de « farce » pendant la campagne.

Un peu de fraîcheur avant que les réalités du quotidien ne rendent le mariage plus tendu…

Sur ce, merci d’avoir lu ce blogue.



La nuit a été courte pour moi, mais bien davantage pour les politiciens britanniques. Le dépouillement interminable (pas encore terminé au moment ou j’écris ces lignes à 15 h 30 heure locale) s’achève.

Comme prévu, les Britanniques ont élu leur premier parlement minoritaire en 36 ans. Et la grande opération charme auprès du lib-dem Nick Clegg est commencée.

Je ne vais pas réécrire toute l’histoire. Vous pouvez écouter les reportages télé de ma collègue Azeb Wolde-Giorghis ou les miens à la radio.

Pour terminer ce blogue, quelques petites notes complémentaires.

Un invité de la BBC a surnommé cette élection « the Rolling Stone election »; une référence à la chanson I can’t get no satisfaction. C’est vrai qu’aucun des trois partis n’a obtenu le résultat qu’il souhaitait.

Mais un parti moins connu a remporté une grande victoire : les verts ont fait élire leur première candidate nationale, la chef Caroline Lucas. Malgré un système qui ne favorise pas les petits partis, ils auront maintenant une visibilité à Westminster.


Caroline Lucas, première députée des verts aux Communes britanniques - PC/AP Photo/Chris Ison, PA
Caroline Lucas, première députée des verts aux Communes britanniques - PC/AP Photo/Chris Ison, PA

Un autre nouveau parti fait son entrée aux Communes : The Alliance, un nouveau parti d’Irlande du Nord qui, pour la première fois, essaie de transcender les différences entre protestants et catholiques.

Les indépendantistes écossais, qui s’attendaient à faire des gains, voient leur « bloc » réduit de sept membres à six. Les Écossais ont voté massivement travailliste (Gordon Brown est écossais, je vous le rappelle), ce qui a sans doute contribué à maintenir à flot le nombre de sièges rouges malgré un pourcentage de vote historiquement faible a l’échelle nationale.

Enfin, l’extrême droite a complètement raté sa percée dans ces élections. Son chef, Nick Griffin, a mordu la poussière, et la tentative de prendre le contrôle du conseil municipal de l’arrondissement de Barking & Dagenham, à l’est de Londres, a complètement échoué. Les mouvements d’opposition dont je vous parlais plus tôt semblent avoir porté fruit.

Les prochains jours seront captivants pour les élites politiques. On saura plus tard si les Britanniques auront vraiment un gouvernement qui les aidera à sortir de leur crise économique… et existentielle.





Le Parti conservateur britannique redevient la première force politique à la Chambre des communes, mais sans disposer d'une majorité.



Les Britanniques ont toute la journée pour voter : jusqu’à 22 heures. Je suis allé en rencontrer quelques-uns à la sortie d’un bureau de vote du centre de Londres. Ils semblaient tous d’accord pour dire que ce fut l’élection la plus passionnante depuis belle lurette.

Certains ont vraiment peur du fameux « parlement suspendu » qui, selon eux, va paralyser le gouvernement, alors qu’il doit absolument avoir les coudées franches pour agir.

D’autres m’ont dit exactement le contraire : un gouvernement minoritaire « brasserait la cage » des politiciens, les forcerait à inventer une nouvelle façon de gérer la crise.

En général, les électeurs conservateurs sont dans le premier groupe. Le deuxième clan est surtout constitué de travaillistes qui aimeraient bien une alliance « Lib-Lab ».

Nous avons toute une soirée devant nous : après la fermeture des bureaux de vote, un grand sondage sera dévoilé, puis le dépouillement se fera au compte-gouttes, jusqu’à demain matin.

Si vous êtes curieux des programmes des différents partis, ce site du quotidien français Libération est vraiment bien fait.

Nous sommes le 6 mai, jour du vote en Grande-Bretagne. Les bureaux de scrutin sont ouverts depuis plusieurs heures. C’est une belle journée ensoleillée à Londres.

Chez nous, les médias afficheraient une neutralité totale. Mais pas ici. Regardez la une du tabloïd The Sun :

La une du Sun


« In Cameron we trust ». « David Cameron, notre seul espoir », dit la mention qui accompagne un portrait inspiré de celui de Barack Obama pendant la campagne présidentielle de 2008.

J’ai couvert pas mal d’élections dans de nombreux pays. Je ne me rappelle pas avoir vu autant de permissivité dans une loi électorale le jour même d’un vote.

On peut même acheter encore de la publicité, du moins sur le web. Si vous allez sur le site britannique de YouTube, vous trouverez à la une une vidéo de David Cameron appelant à voter conservateur. Une publicité payée, apprend-on.

Ce sont surtout les médias conservateurs qui utilisent les largesses de la loi électorale pour faire de la propagande à la une. Même le très sophistiqué The Times invoque sur sa une l’urgence de voter conservateur pour s’attaquer à la crise catastrophique du pays.

Mais un tabloïd travailliste n’est pas en reste. Voici la une du Daily Mirror :

La une du Mirror


Le titre ajoute : « Ne laissez pas Cameron vous tromper ».

Connaissez-vous d’autres pays où ça se passe ainsi? Je serais curieux de le savoir…

Les dernières entrées


Archives par mois


Catégories


Dossiers en profondeur