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Réfugiés oubliés : les Palestiniens au Liban

Apatride

3 novembre 2010
Document d'immigration d'Ahmad Rustom sur lequel est mentionné son statut d'apatride
Document d'immigration d'Ahmad Rustom sur lequel est mentionné son statut d'apatride


Ahmad Rustom, 32 ans, est un Palestinien du Liban. Il est né dans le camp de réfugiés palestiniens d’El-Bass, au sud de Tyr. Il avait seulement un an quand son père a réussi l’exploit d’acheter une maison dans la ville de Saïda. Ce fut la délivrance pour la famille, après des années de vie dans des conditions précaires.

Ahmad s’estime chanceux de ne pas avoir goûté, comme ses parents et ses autres frères, aux affres de la vie dans un camp de réfugiés. Il vit depuis 2001 au Canada et est marié depuis 2004 avec une Québécoise. Il prépare présentement un baccalauréat en urbanisme à l’Université de Montréal.

Avant de s’installer au Québec, Ahmad a déjà vécu en Turquie, où il a obtenu un diplôme universitaire en génie chimique. Mais étant Palestinien, il ne pouvait retourner au Liban pour y exercer son métier d’ingénieur, car dans son pays natal, plusieurs professions demeurent interdites aux réfugiés, comme celle de médecin, de pharmacien, d’avocat, etc. Il a donc décidé, comme beaucoup d’autres Palestiniens scolarisés, d’emprunter à nouveau le chemin de l’exil dans l’espoir de s’épanouir sous d’autres cieux et d’aider sa famille, qui est restée à Saïda.

S'il n’a pas vécu dans un camp de réfugiés, Ahmad sait très bien de quoi est fait le quotidien dans ces espaces surpeuplés, exigus, sales et dépourvus du moindre confort. Il en parle avec beaucoup de peine. Plusieurs de ses proches vivent encore à El-Bass, qu’il lui arrive de visiter pendant ses vacances au Liban.

Comme tous les autres Palestiniens, Ahmad vit avec le rêve de retourner un jour dans le village de ses ancêtres. Il brûle d’envie d’y aller pour humer la terre de la Palestine et voir de ses propres yeux les oliviers et les figuiers, qui ont peuplé les récits de ses parents. Autant d’histoires qui ont bercé son enfance.

Dans l’entrevue qu’il m’a accordée, Ahmad parle de son parcours et de la vie difficile dans les camps de réfugiés palestiniens au Liban. Il évoque aussi, avec émotion, son statut d’apatride avec lequel il a grandi. Les territoires palestiniens ne constituant pas encore officiellement un État, il ne peut prétendre à une nationalité palestinienne. Il est donc apatride, sans nationalité reconnue, même s’il est né et a grandi au Liban, car ce pays n’accorde pas la citoyenneté aux réfugiés palestiniens.

Regardez l'entrevue avec Ahmad Rustom