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Réfugiés oubliés : les Palestiniens au Liban

Le provisoire dure depuis… 60 ans

31 octobre 2010
Une Palestinienne avec deux sacs de nourriture offerts par l'UNRWA.
Une Palestinienne avec deux sacs de nourriture offerts par l'UNRWA. - Photo : Saif Dahlah/ AFP

Quand l’ONU avait mis en place, en 1949, l’Agence de secours et de travaux pour les réfugiés de la Palestine (l’UNRWA), elle ne pensait certainement pas que cet organisme allait se pérenniser. Elle réagissait à une situation d’urgence. La guerre israélo-arabe de 1948 faisait rage et il fallait à tout prix mettre en lieux sûrs des milliers de réfugiés palestiniens fuyant leurs terres et leurs maisons.

60 ans plus tard, l’UNRWA en est toujours à gérer des camps de réfugiés palestiniens - 59 au total - au Liban, en Jordanie, en Syrie et dans les territoires palestiniens (dans la bande de Gaza et en Cisjordanie).

L’organisme onusien fournit à plus de 4 millions de réfugiés nourriture, eau, soins de santé et éducation. Plus de 420 000 Palestiniens vivent au pays du Cèdre, dont la moitié installée dans 12 camps disséminés à travers le pays.


Le camp de réfugiés palestiniens de Chatila, à Beyrouth
Le camp de réfugiés palestiniens de Chatila, à Beyrouth - Photo : Joseph Eid/AFP

L’UNRWA peine toutefois à répondre aux besoins de plus en plus grandissants dans les camps, où le chômage côtoie l’insécurité alimentaire, l’insalubrité, la forte densité démographique et le manque d’infrastructures de base.

L’office, qui fonctionne essentiellement grâce aux dons de gouvernements et de différentes organisations humanitaires, souffre en effet d’un manque de financement chronique. La dernière crise économique mondiale l’a fragilisé davantage, tandis que le nombre de réfugiés augmente et que leurs conditions socio-économiques se détériorent.

Les pays arabes se révèlent les moins généreux donateurs, en dépit de la solidarité qu’ils expriment envers les Palestiniens. Pour sa part, le Canada a annoncé en janvier 2010 l’arrêt de sa contribution financière directe à l’agence onusienne, préférant cibler des projets spécifiques.

Doté d’un mandat humanitaire, l’UNRWA n’est pas cependant à l’abri des critiques. Les Israéliens lui reprochent notamment d’avoir des accointances avec les militants du Hamas. Des locaux de l’UNRWA à Gaza, soupçonnés d’abriter des militants palestiniens, ont été la cible de l’armée israélienne lors de l’offensive de 2009.

Devant les innombrables attentes des réfugiés, l’UNRWA tente, à la mesure de ses moyens, de répondre aux besoins les plus urgents. J’ai joint au téléphone Hoda Samra Souaiby, qui est chargée de l’information au bureau de l’UNRWA au Liban. Dans cette entrevue, elle nous parle des actions que mène son organisme dans les camps de réfugiés, mais aussi de ses difficultés financières et des défis auxquels il fait face.



L'entrevue avec Hoda Samra Souaiby, au milieu sur la photo