Le FBI enquête sur de nouveaux courriels liés à Hillary Clinton

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et New York Times
Le récit de Marie-Claude Dupont

La police fédérale américaine (FBI) dit être en possession de nouveaux éléments qui pourraient être liés à l'enquête visant à déterminer si les courriels envoyés par Hillary Clinton depuis son adresse de messagerie personnelle, alors qu'elle était secrétaire d'État, contenaient des informations confidentielles.

Dans une lettre envoyée aux présidents républicains de commissions de la Chambre des représentants, le directeur du FBI, James Comey, a affirmé que dans le cadre d'une « enquête séparée », de nouveaux messages semblant « pertinents » avaient été découverts. Il a toutefois précisé que son agence n'était pas encore en mesure de déterminer si ces messages étaient « significatifs ».

En soirée, lors d'un point de presse, Hillary Clinton a demandé au FBI de rendre ces nouvelles informations publiques, ajoutant que le peuple américain est en droit de s'y attendre. « Le directeur lui-même a déclaré qu'il ne savait pas si les courriels auxquels il faisait référence dans sa lettre était « significatifs ». Qu'ils le soient ou non, j'ai confiance que cela ne changera pas la conclusion à laquelle il arrivait en juillet », soit qu'il n'existait aucun élément démontrant qu'Hillary Clinton avait enfreint la loi.

La saga Anthony Weiner évoquée

Selon le New York Times, qui cite des sources proches du dossier, ladite « enquête séparée » portait sur Anthony Weiner, un ancien élu démocrate de la Chambre des représentants qui s'est retrouvé dans l'embarras à la suite de scandales sexuels, au cours des dernières années. Jusqu'à tout récemment, M. Weiner était l'époux d'Huma Abeddin, une proche conseillère d'Hillary Clinton. Lors de leur enquête sur Weiner, les agents du FBI auraient saisi les ordinateurs du couple et ainsi découvert les fameux « messages pertinents » à l'origine de l'annonce de vendredi.

Selon le Washington Post, des responsables bien au fait de cette découverte ont évoqué la possibilité que certains des courriels soient des duplicatas de messages ayant déjà été examinés au cours de l'enquête du FBI sur Hillary Clinton.

James Comey n'a pas fourni d'informations supplémentaires sur les modalités de cette autre investigation. Le FBI avait précédemment passé environ un an à enquêter sur l'utilisation, par Mme Clinton, d'un serveur privé lorsqu'elle dirigeait le secrétariat d'État, entre 2009 et 2013.

Le gouvernement américain interdit une telle pratique, mais en juillet, tout en soulignant que la secrétaire d'État avait fait preuve de « négligence extrême », le directeur du FBI avait recommandé de ne pas porter d'accusation contre elle.

Cette nouvelle tuile s'abat sur le camp démocrate à moins de deux semaines de l'élection présidentielle américaine. Hillary Clinton, qui mène toujours dans les sondages, a régulièrement été malmenée, durant la campagne, sur la question de la gestion de ses courriels par son rival républicain, Donald Trump.

Hillary, tout sourire

Hillary Clinton était dans un avion en direction de l'État de l'Iowa au moment de l'annonce du FBI. Ne disposant d'aucun accès à Internet durant son vol, la candidate démocrate n'a pu réagir immédiatement. Une fois de retour au sol, Mme Clinton, qui a été accueillie par quelques journalistes, s'est contentée de les saluer et de leur sourire en se tenant à distance.

L'annonce du FBI a vivement fait réagir le candidat républicain.

Dans un discours devant ses partisans au New Hampshire, Donald Trump a déclaré, sur ton jubilatoire, qu'il avait un grand respect pour le « courage » dont le FBI et le département de la Justice faisaient preuve « pour corriger la terrible erreur qu'ils avaient commise » en mettant fin à leur enquête précédente, même si celle-ci n'est pas officiellement rouverte.

« La corruption d'Hillary Clinton atteint une ampleur sans précédent, nous ne devons pas la laisser emporter ses magouilles à la Maison-Blanche », a-t-il ajouté, devant une foule scandant « Enfermez-là! ».

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a également profité de ce nouveau rebondissement pour décocher quelques flèches à l'endroit de la candidate démocrate, affirmant qu'Hillary Clinton avait trahi la confiance du peuple américain par sa manipulation imprudente d'informations classifiées.

L'analyse de Raphaël Jacob

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