Marine Le Pen se dit contre l'immigration, mais pas raciste

Entrevue d'Anne-Marie Dussault avec Marine Le Pen à 24/60

Lors de son passage à Montréal, la chef du Front national, Marine Le Pen, s'est entretenue avec l'animatrice de l'émission 24/60, Anne-Marie Dussault.

L'entrevue a été enregistrée le 21 mars 2016, soit avant les attentats de Bruxelles.

Dans une entrevue corsée, la politicienne française s'est défendue d'être raciste, tout en se positionnant contre l'immigration massive.

« Je suis contre l'immigration, on a le droit de dire ça? » — Marine Le Pen

Elle déplore également qu'aucun politicien canadien n'ait accepté de la rencontrer. « La démocratie, ça consiste à entendre ceux qui sont en désaccord avec vous », a-t-elle dit.

Elle a répété qu'elle considérait que plusieurs gouvernements étaient « naïfs face à l'immigration » en les qualifiant de « Bisounours » et a soutenu que le Québec risquait de faire face à des problèmes reliés à l'immigration.

Tout en soutenant qu'elle ne souhaitait pas faire la leçon aux Canadiens, Marine Le Pen a critiqué la décision du gouvernement libéral d'accueillir 25 000 réfugiés syriens.

« Je pense que la politique d'immigration [...] mise en œuvre par M. Trudeau est une folie. » — Marine Le Pen
Une entrevue qui fait réagir

L'entrevue accordée par Marine Le Pen à Anne-Marie Dussault a fait réagir, tant au Canada qu'en France. Pourquoi accepter de tendre le micro à Marine Le Pen? La journaliste s'explique à l'émission Médium Large, en compagnie de son collègue Michel C. Auger qui l'a aussi interviewé. Ils en parlent avec Catherine Perrin.



 

Des sujets à débattre avec le PQ, dit Le Pen

La chef du Front national soutient que plusieurs politiciens canadiens ont sollicité des rencontres avec elle, sans toutefois les nommer. « Des gens ont cherché à me voir, des rendez-vous ont été fixés à leur demande et ils ont annulé ces rendez-vous », dit-elle, une décision qu'elle attribue à « l'agitation médiatique » entourant sa visite.

Bien que le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, ait refusé de s'entretenir avec Mme Le Pen, celle-ci estime qu'il y a au moins deux sujets dont elle aurait souhaité discuter avec lui, soit la souveraineté et la défense de la francophonie.

La politicienne d'extrême droite a également décoché une flèche à l'endroit du premier ministre Philippe Couillard, en faisant allusion à son séjour en Arabie saoudite, où il a travaillé comme médecin.

« M. Couillard, c'est celui qui est allé en Arabie saoudite, il n'y a pas très longtemps et qui est revenu en étant devenu un ami du communautarisme alors qu'il en était l'adversaire? C'est celui-là, non? » — Marine Le Pen

Contre l'immigration

La chef du Front national maintient sa position contre l'immigration massive, car selon elle, cela aurait pour effet de réduire les salaires, puisque « les immigrants travaillent à bas coût ».

« En quoi le fait d'être contre l'immigration est une preuve d'intolérance? » — Marine Le Pen

Elle considère également que, dans un contexte de chômage, les personnes de nationalité française devraient avoir préséance sur les immigrants en matière d'emploi, et affirme que les immigrants qui ne trouvent pas d'emploi peuvent rentrer dans leur pays d'origine.

En réaction à une publicité antiracisme du gouvernement français, la chef du Front national a rétorqué que le « racisme anti-blanc » et « le racisme anti-Français » étaient également présents en France.

Marine Le Pen conclut son séjour à Montréal aujourd'hui, avant de se rendre dans la collectivité territoriale française de Saint-Pierre-et-Miquelon où elle passera deux jours.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants