Justin Trudeau ou le pouvoir de velours

Des citoyens américains guettent le passage de Justin Trudeau à Washington. Des citoyens américains guettent le passage de Justin Trudeau à Washington.  Photo :  Adam Scotti

Ce n'est pas en regardant les télés câblées ou les journaux américains que vous pourrez mesurer l'influence, l'attrait de Justin Trudeau à Washington. La capitale est habituée de recevoir des gens importants. La vie poursuit son cours, même s'il faut attendre qu'un cortège traverse l'intersection. Pas de grosse trudeaumanie, donc... Mais parlez aux gens qui sont venus l'entendre, vous serez forcés de constater que Justin Trudeau séduit, inspire.

Yanik Dumont Baron
  Une analyse de Yanik Dumont Baron
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Pour être exact, il y a eu des attroupements lors des passages du premier ministre, devant la galerie où on l'a accueilli à son arrivée, à l'entrée de l'hôtel où il parlait vendredi. Il a accordé une entrevue à nos collègues de CBC sur le toit d'un hôtel. On lui envoyait la main au travers des fenêtres des immeubles de bureaux avoisinants. Et puis, il y a eu cette dame qui a tenté de l'embrasser sur la bouche lors de la cérémonie d'accueil à la Maison-Blanche.

En trois jours, le premier ministre n'a participé qu'à un seul événement « grand public » : une séance de questions-réponses avec des étudiants d'une école d'études internationales. Il s'agissait de jeunes adultes intéressés par la diplomatie, le développement international, des universitaires qui ont sauté sur l'occasion de voir et d'entendre Justin Trudeau.

« Vous êtes une inspiration pour bien des jeunes gens comme moi », a lancé un étudiant, avant de demander un autographe pour ses amis. La foule a ri. Trudeau a souri. L'étudiant a ajouté : « En passant, je suis aussi prêt à vous conseiller si vous en avez besoin ». Voilà résumé en 20 secondes l'essentiel de l'attrait Trudeau dans une ville qui vibre au rythme de la diplomatie internationale.

« C'est un politicien extraordinaire », lance Kristin Plesner, après l'événement. « Les jeunes que j'entends aujourd'hui, ils sont tannés des messages négatifs. Ils voient les problèmes autour d'eux, et ils cherchent de plus en plus quelqu'un qui livre un message positif. Quelqu'un qui propose des solutions positives. C'est inspirant pour bien des jeunes. »

Spontanément, la foule applaudit lorsque le modérateur mentionne des réalisations progressistes du gouvernement Trudeau, comme l'accueil de 25 000 réfugiés syriens et son Cabinet où on retrouve la parité hommes-femmes. Dans cette salle, les Américains semblent un tantinet jaloux des Canadiens.

L'Américaine Wahiba Farid est venue agiter son drapeau canadien devant Justin Trudeau. L'Américaine Wahiba Farid est venue agiter son drapeau canadien devant Justin Trudeau.  Photo :  Yanik Dumont Baron

« Nous, explique l'étudiant Kevin Macar, nous sommes désenchantés par notre processus politique, avec les candidats dans la course. On a l'impression que les politiciens canadiens ont une approche très pragmatique et constructive en ce moment. Il y a bien des ressemblances entre nos deux pays, mais il y a cette différence dans le ton. C'est une différence qu'il faut apprécier, qu'il faut respecter. »

« Les jeunes veulent être comme lui », lance l'Américaine Wahiba Farid, qui a de la famille au Québec. Elle dit avoir mal dormi la veille de l'événement, trop excitée pour bien relaxer. « J'ai agité mon petit drapeau canadien, j'espère qu'il l'a vu. Je veux qu'il sache qu'on l'aime. Même si nous sommes des étrangers. »

Il y avait bien des drapeaux canadiens et américains dans cette salle de l'American University. Justin Trudeau n'a peut-être pas remarqué celui qu'elle tenait, mais l'enthousiasme de la foule a sûrement transmis son message. Et celui du premier ministre est probablement resté dans bien des esprits.

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