Slovaquie : réélu, le premier ministre Fico perd sa majorité

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Le premier ministre slovaque Robert Fico Le premier ministre slovaque Robert Fico  Photo :  David W Cerny/Reuters

Le premier ministre slovaque Robert Fico, vivement opposé aux quotas européens de répartition de réfugiés, a remporté les élections législatives de samedi, mais perd sa majorité parlementaire et aura fort à faire pour former un gouvernement.

Le Smer, sa formation affiliée au Parti socialiste européen, est arrivé en tête avec 28,5 % des voix, selon des résultats partiels qui portent sur 91 % des circonscriptions.

Le parti libertarien SaS, dont le rejet du plan de sauvetage de la Grèce en 2012 a fait tomber le précédent gouvernement de centre droit, arrive en deuxième position avec 11,5 %.

Huit autres formations franchissent le seuil des 5 % qui permet de siéger au Conseil national, le parlement monocaméral, ce qui risque donc de compliquer la formation d'une coalition.

Parmi eux figure Notre Slovaquie, parti d'extrême droite emmené par Marian Kotleba, gouverneur de la région Banska Bystrica, qui a obtenu 8,2 % des voix, soit trois fois plus que ce qu'annonçaient les sondages. Un autre parti xénophobe formé récemment par l'homme d'affaires Boris Kollar passe également le seuil des 5 %.

Robert Fico, qui a jugé les résultats « très compliqués », s'est dit prêt à former un nouvel exécutif. « Comme le parti a remporté le scrutin, nous avons l'obligation d'essayer de former un gouvernement stable et cohérent », a-t-il déclaré à la presse.

Âgé de 51 ans, Robert Fico a été aux affaires de 2006 à 2010, puis y est revenu en mars 2012. Avec plus de 44 % des voix, son parti avait alors décroché la majorité absolue des sièges, ce qui a permis au Smer de gouverner seul, une première depuis l'indépendance de la Slovaquie en 1993.

Son recul était attendu, mais pas dans une telle proportion: les sondages tournaient autour de 35 % des voix.

S'il ne parvient pas à former un gouvernement, les partis de droite pourraient tenter leur chance en renouvelant l'expérience de 2010, mais la cohésion d'une telle alliance n'est pas garantie.

Le premier ministre sortant dépeint le multiculturalisme comme une « fiction » et refuse les quotas de répartition de réfugiés que la Commission européenne recommande pour résoudre la crise migratoire. Il est également opposé aux sanctions européennes contre la Russie.

Même s'ils emploient un langage moins agressif, la plupart des partis d'opposition de centre droit partagent avec lui l'idée que les musulmans ne peuvent pas s'intégrer dans ce pays majoritairement catholique de 5,4 millions d'habitants et représentent une menace pour la sécurité nationale.

Le recul dans les urnes de Fico, qualifié de populiste par ses adversaires, s'explique notamment par la persistance d'un taux de chômage élevé, supérieur à 10 %, et d'inégalités fortes entre les régions, et par les faiblesses des systèmes de santé et d'éducation.

La Slovaquie prendra en juillet la présidence tournante de l'Union européenne.

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