Qui est Donald Trump?

Le candidat à l'investiture républicaine Donald Trump Le candidat à l'investiture républicaine Donald Trump  Photo :  GI/Tom Pennington

Il y a six mois, les experts prédisaient la mort politique de Donald Trump. Maintenant, ils se demandent qui pourra arrêter le candidat républicain le plus populaire et comment. Qui est l'irrévérencieux milliardaire aux envolées populistes que beaucoup voient comme le prochain président des États-Unis?

« Une partie de ma beauté, c'est que je suis riche. » — Donald Trump, en 2011

L'homme d'affaires de 69 ans a grandi dans le Queens, à New York. Il a commencé sa carrière grâce à l'entreprise de son père, Frederick Trump, qui avait fait fortune dans l'immobilier et dans la gestion d'appartements locatifs dans certains quartiers de New York.

Le jeune Donald Trump investit lui aussi dans l'immobilier et multiplie les projets. Il suffit de penser à la fameuse Trump Tower de New York ou encore à ses casinos à Atlantic City et à Las Vegas, ou encore, plus près de nous, à ses tours à appartements à Toronto et Vancouver. Partout où il passe, il met son nom sur chacun des immeubles.

Donald Trump, c'est aussi un producteur et animateur de télévision. Le milliardaire à la chevelure blonde a été la vedette de l'émission de téléréalité The Apprentice, de 2004 à 2015. Il pouvait engranger jusqu'à 15 millions de dollars pour certains épisodes. Il a aussi été derrière l'organisation de Miss Univers.

Selon le magazine Forbes, sa fortune est estimée à 4 milliards de dollars américains. Il a dévoilé ses revenus pour l'année 2014 : il aurait amassé 362 millions de dollars, provenant de 168 sources différentes.

Échecs retentissants

Mais Trump n'a pas connu que le succès. Ses entreprises ont fait quatre faillites en 18 ans. La première, la plus retentissante, était celle du casino Trump Taj Mahal, en 1991, où il s'était endetté de 3 milliards de dollars. Cette faillite a été suivie par celle du Trump Plaza Hotel, en 1992, un endettement de 550 millions de dollars. Donald Trump a dû revendre sa compagnie aérienne et ses bateaux pour se remettre à flot.

Le Trump Hotel Casino Resort et le Trump Entertainment Resort ont par la suite fait faillite en 2004 et 2009, représentant un endettement de plus de 2 milliards de dollars.

L'homme d'affaires s'est toujours protégé sous la fameuse loi 11, qui permet de restructurer une entreprise sans devoir la fermer. Et même si son nom est sur toutes ses compagnies, Donald Trump n'a jamais fait de faillite personnelle.

Il reste que sa personnalité plaît à beaucoup d'Américains : il a échoué plusieurs fois, mais s'est relevé et a rebondi, représentant en quelque sorte le rêve américain.

Trump président?

Alors que beaucoup d'Américains en ont assez des politiciens traditionnels à Washington, Trump joue la carte de l'antipoliticien.

Multipliant les déclarations controversées, notamment sur les musulmans, l'immigration et le terrorisme, le candidat critiqué par les instances du Parti républicain trône toujours au sommet des sondages dans la course à l'investiture républicaine. Lors des primaires, Donald Trump s'est incliné en Iowa face à Ted Cruz, mais il a remporté le New Hampshire, le Nevada et la Caroline du Sud. Il a également raflé sept autres États lors du super mardi.

Trump ridiculise tout le monde

Le candidat, qui a annoncé en juin 2015 qu'il se lançait dans la course à l'investiture républicaine, veut bâtir un mur à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour freiner l'immigration illégale. Des propos qui risquent de lui aliéner une partie de l'électorat hispano-américain, un groupe important.

« Les Mexicains ne nous envoient pas le meilleur d'eux-mêmes, ils n'envoient que les drogués, les criminels, les violeurs, même si certains parmi eux sont sûrement de bonnes personnes. Je ferai construire un mur tout le long de la frontière mexicaine, et je le ferai payer par les Mexicains. Notez bien ce que je dis. » — Donald Trump, en 2015

Le milliardaire se présente aussi comme le sauveur des valeurs américaines. « On s'attaque à la foi chrétienne, on s'attaque aux armes à feu, on s'attaque à tout ce en quoi nous croyons », disait-il en janvier.

Les attaques personnelles envers ses adversaires sont légion et semblent être sa marque de commerce. Beaucoup se souviennent qu'il a retweeté le commentaire misogyne d'un de ses partisans à l'endroit de la candidate démocrate Hillary Clinton en 2015 : « Comment peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari? »

Son arrivée dans la course a déstabilisé l'establishment républicain. Même les stratèges les plus aguerris en perdent leur latin.

Ken Weinstein, PDG du groupe de réflexion Hudson Institute et conseiller de l'ex-président George Bush père, craint que Trump discrédite la marque républicaine.

« Si M. Trump devient le candidat républicain [aux présidentielles], le parti aura un problème énorme. Ce n'est pas un homme sérieux. Tout tourne autour de lui, de sa personnalité, de ses réactions. C'est un génie du théâtre. » — Ken Weinstein, PDG de Hudson Institute et conseiller de l'ex-président George Bush père

Mais beaucoup d'Américains n'en peuvent plus de la paralysie au Congrès. Ils se disent prêts à élire Trump.

Incongruités

Des journalistes ont fait ressortir les incongruités dans ses discours. Un reporter de la chaîne britannique Channel 4, Matt Frei, a montré qu'il y a 15 ans, au moment de la campagne présidentielle de 2000, Trump critiquait Pat Buchanan, du Parti républicain, l'accusant de tenir des « propos antisémites, homophobes, racistes, presque anti-tout ».

Le milliardaire, qui critique vertement l'immigration illégale, a aussi embauché nombre de travailleurs illégaux lors de la construction de la tour Trump, dans les années 1970, par exemple.

Avec les informations de Frédéric Arnould et de Christian Latreille

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