Obama demande à Poutine de cesser de bombarder les « modérés » en Syrie 

Reuters
Les explications de Marie-Ève Bédard, correspondante de Radio-Canada pour le Moyen-Orient

Barack Obama a exhorté dimanche Vladimir Poutine à mettre fin aux bombardements de l'aviation russe contre les « forces de l'opposition modérée » en Syrie.

Les deux présidents se sont entretenus par téléphone de la mise en oeuvre de l'accord adopté dans la nuit de jeudi à vendredi à Munich par les États membres du Groupe international de soutien à la Syrie (GISS). Cet accord prévoit une « cessation des hostilités » dans un délai d'une semaine et l'acheminement d'aide humanitaire.

« En particulier, un soutien a été exprimé aux efforts de deux groupes de travail, l'un pour le cessez-le-feu et l'autre pour les aspects humanitaires. » — Communiqué de la Maison-Blanche 

Les deux chefs d'État ont, selon la Maison-Blanche, souligné la nécessité de nouer des contacts étroits entre les ministères russe et américain de la Défense, ce qui permettra de « lutter avec succès contre l'État islamique et d'autres organisations terroristes ».

Le Kremlin a rapporté de son côté que les deux dirigeants s'étaient entendus pour renforcer la coopération afin d'obtenir la mise en oeuvre de l'accord de Munich.

Le président Poutine a insisté sur l'importance de créer un front uni pour combattre le terrorisme, ajoute le Kremlin.

Moscou « disqualifié » selon l'Allemagne 

L'accord de Munich, qui n'a été signé ni par le gouvernement syrien ni par les insurgés, prévoit la poursuite de la lutte contre les mouvements djihadistes, ce qui, aux yeux de Damas et de Moscou, justifie celle des offensives en cours.

Or, de l'avis de nombreux diplomates occidentaux, aucune solution ne sera possible tant que les raids de l'aviation russe se poursuivront.

Manuel Valls, chef du gouvernement français, et le secrétaire d'État américain John Kerry ont tous deux réclamé samedi l'arrêt de ces bombardements dans les zones civiles.

Intervenant dimanche lors d'une table ronde à la conférence de Munich sur la sécurité internationale, le président de la commission des Affaires étrangères du parlement allemand, Norbert Röttgen (CDU), a jugé pour sa part que Moscou se disqualifiait en tant que partenaire crédible de la lutte contre l'organisation djihadiste État islamique (EI).

« Les Russes sont déterminés à modifier les réalités sur le terrain, et lorsqu'ils y seront parvenus, ils inviteront les Occidentaux à combattre un ennemi commun, à savoir l'EI », a-t-il dit.

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