Les réflexions de huit Américains sur la primaire du New Hampshire

Les explications de Christian Latreille

Cela fait cinq jours que je sillonne le New Hampshire. C'est beaucoup moins que les candidats qui cherchent des appuis dans cette élection primaire. Cinq jours, c'est quand même assez pour aller à la rencontre de dizaines d'Américains pour leur poser des questions et tenter de comprendre comment ils jugent les candidats à la présidence. Voici les réflexions de huit d'entre eux.

Un texte de Yanik Dumont Baron TwitterCourriel correspondant à Washington 

Glenn Fiscus et son casse-noisette à l'effigie d'Hillary Clinton. Glenn Fiscus et son casse-noisette à l'effigie d'Hillary Clinton.  Photo :  Yanik Dumont-Baron

« It's a great show! American democracy! », lance Glenn Fiscus. Et il a raison. Les candidats attirent des « touristes politiques » venus d'aussi loin que de la Californie. Lui est venu montrer ce casse-noisette. Il ne refuse de photo à personne.

Son message est simple. Comme bien des républicains, il veut surtout s'assurer de bloquer l'arrivée d'Hillary Clinton à la Maison-Blanche.

« S'il vous plaît, n'importe qui sauf Hillary », pouvait-on lire sur un panneau en bordure de route non loin.


Bill Gardner et son fils. Bill Gardner et son fils.  Photo :  Yanik Dumont-Baron

Ça vaut la peine d'essayer avec Marco Rubio, croit Bill Gardner.

« À cause de sa passion et son leadership naturel, il est un orateur talentueux, un politicien talentueux. »

Le jeune sénateur, fils d'immigrants cubains, est vu comme une étoile montante. Surtout depuis qu'il a terminé si près de Donald Trump en Iowa.

« Il a un peu de Kennedy en lui », ajoute Bill Gardner, venu le voir avec sa femme et ses trois jeunes enfants.


« Marco Roboto » « Marco Roboto »  Photo :  Yanik Dumont-Baron

« Barack Obama sait ce qu'il fait. Barack Obama sait ce qu'il fait. »

Marco Rubio s'était fait reprocher de trop se fier à des phrases apprises par cœur lors du débat républicain.

Ce matin-là, « Marco Roboto » soulignait ce que plusieurs voient comme l'une des faiblesses du candidat.

C'est le signe, disent ses adversaires, qu'il n'est pas prêt pour la présidence, pour gérer des situations sur le vif.


Sherry Harper. Sherry Harper.  Photo :  Yanik Dumont-Baron

« J'aimerais voir des gens plus progressistes sur les questions sociales. C'est comme s'il n'y avait plus vraiment personne au centre dans le parti républicain. »

Sherry Harper fait partie de ces modérés qui ont de la difficulté à se retrouver dans le parti républicain d'aujourd'hui.

Si un modéré n'est pas le candidat choisi par le parti, elle votera démocrate ou s'abstiendra. « Les républicains modérés sont devenus indépendants ou démocrates. Ils ne voteront pas pour un candidat de droite qui veut vous dire comment vivre votre vie! »


Jeb Bush au New Hampshire. Jeb Bush au New Hampshire.  Photo :  Yanik Dumont-Baron

« La situation est trop sérieuse pour baser son vote sur un nom de famille », lance Peter, un Syrien d'origine qui ne voulait pas être pris en photo.

Il appuie Jeb Bush et croit que c'est le seul capable de résoudre les crises qui enflamment son pays natal. « Il y a trop de problèmes sur la planète pour qu'un nom de famille soit un facteur. C'est le seul candidat qui comprend vraiment! Et il a déjà été au pouvoir. Les autres semblent intelligents, mais il y a un grand écart sur le plan de l'expérience. »


Drew Smiley (2e à partir de la gauche) et ses amis. Drew Smiley (2e à partir de la gauche) et ses amis.  Photo :  Yanik Dumont-Baron

« Je ne pense pas qu'elle [Hillary Clinton] a réglé cette question de la confiance. »

Drew Smiley et ses amis sont venus entendre Hillary Clinton.

« Bernie a poussé bien des questions vers la gauche. Clinton n'était pas aussi à gauche en début de campagne. La plupart des politiciens, pour l'élection générale, ils reviennent vers le centre. J'ai vraiment peur qu'elle fasse ça. »

Les quatre ont écouté Clinton durant plus d'une heure. Ils voteront pour Sanders.


Joe Shields. Joe Shields.  Photo :  Yanik Dumont-Baron

« Je suis assez vieux pour le savoir : ce n'est pas fini tant que ce n'est pas fini. »

Joe Shields est venu de New York pour prêter main-forte à la campagne de Bernie Sanders. Il craint que les électeurs ne soient pas au rendez-vous, qu'ils restent chez eux, trop certains de la grande avance de Sanders dans les sondages.

L'écart entre les deux rivaux sera plus que symbolique. Un écart important en faveur de Sanders pourrait l'aider dans les prochains États, où Clinton semble avantagée. « Je suis très nerveux », confie Joe Shields.


Des partisans de Chris Christie au New Hampshire. Des partisans de Chris Christie au New Hampshire.  Photo :  Yanik Dumont-Baron

Les partisans de Chris Christie sont bien nerveux. Leur favori est loin dans les intentions de vote et n'a presque plus d'argent pour financer sa campagne. Plusieurs hésitent à l'appuyer.

Le gouverneur peine à se démarquer des autres républicains modérés Jeb Bush et John Kasich.

Les résultats du New Hampshire pourraient forcer le candidat au franc-parler à jeter l'éponge.

« Donald Trump serait le choix naturel pour la plupart de ses partisans », croit Barbara Ann.

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