Les choix de l'Iowa : un élan pour les uns, une pierre pour les autres

Hillary Clinton en campagne à Cedar Falls, en Iowa. Hillary Clinton en campagne à Cedar Falls, en Iowa.  Photo :  Rick Wilking / Reuters

Le moment de vérité approche. L'Iowa va enfin se prononcer, donner le véritable signal de départ pour l'édition 2016 de la course à la Maison-Blanche. Ce n'est pas un vote normal. C'est en caucus qu'on s'exprime. Les résultats donneront de l'élan à certains candidats et en freineront d'autres.

Un texte de Yanik Dumont Baron TwitterCourriel correspondant à Washington  

Cela fait des mois que ces aspirants présidents courtisent l'Iowa, qu'ils rencontrent les gens au café, qu'ils vont prier avec eux le dimanche. Les candidats ont voulu dire « bonjour » au plus grand nombre possible. Être accessibles. Être pris en photo avec Madame Tout-le-Monde.

En fin de semaine, le rythme des activités s'est multiplié. On avait l'impression que chaque ville était visitée par un candidat. Que les politiciens étaient partout (ou presque) en même temps. Il y a eu les grands rassemblements avec des invités vedettes, et les visites modestes dans un centre communautaire.

Jusqu'au dernier sondage, Donald Trump est demeuré le premier choix des Iowiens républicains. Mais ce sont des sondages, des intentions. Le véritable test de l'Iowa, c'est ce soir. En Iowa, on ne va pas dans l'isoloir au moment qui nous convient. On doit aller dans un caucus.

Pour voter, il faut se rendre dans un endroit précis à 19 h. Il faut avoir la patience d'y rester au moins une heure. C'est le temps que ça prend pour ouvrir l'assemblée, écouter les discours de représentants des candidats.

Les candidats bien organisés ont donc trouvé des partisans d'expérience, des gens prêts à investir le temps nécessaire. Le camp de Ted Cruz, qui compte sur la droite religieuse, s'en vante bien, d'ailleurs.

Bien difficile de savoir si la campagne de Donald Trump a fait de même. L'organisation ne veut pas en parler. « C'est notre sauce secrète », me disait une bénévole. Pour les troupes du milliardaire, l'organisation jouera un rôle crucial. Une partie de leurs appuis vient de gens qui ne votent pas habituellement. S'ils restent à la maison, celui qui est habitué à gagner pourrait se retrouver dans l'autre camp.

On dit que l'Iowa donne seulement « trois billets » pour la course à l'investiture. Les candidats qui terminent les caucus dans les trois premières positions sont les seuls à pouvoir prétendre à la Maison-Blanche.

Chez les républicains, les sondages laissent entendre que cela serait Ted Cruz, Marco Rubio et Donald Trump. L'ordre d'arrivée n'a pas d'importance. Les gagnants des derniers caucus républicains n'ont pas été le choix ultime de leur parti.

Chez les démocrates, la dynamique est toute différente. C'est ici que Barack Obama a surpris bien des gens en battant Hillary Clinton. Une victoire qui a changé le cours de la campagne et a donné une crédibilité à la candidature du jeune sénateur noir.

Cette année, c'est Bernie Sanders qui donne des sueurs froides à l'ex-première dame. L'énergie et l'enthousiasme de ses partisans ont fait de l'Iowa une véritable course. En novembre, Sanders était une trentaine de points derrière Clinton. Maintenant, ils sont au coude-à-coude. On verra ce soir si sa campagne peut convertir l'énergie en appuis.

Bien sûr, l'Iowa est un État trop blanc pour réellement représenter l'humeur de l'ensemble des Américains. Ses choix sont surtout une façon d'établir ceux qui ont vraiment le talent, l'organisation et les ressources pour prétendre à la Maison-Blanche.

Christian Latreille est en Iowa où se tiennent les premiers caucus dans la course pour choisir les candidats à la présidence américaine.

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