Relations Canada-Russie : Stéphane Dion attendu de pied ferme en Ukraine

Le reportage de Raymond Saint-Pierre

Le ministre canadien des Affaires étrangères Stéphane Dion est arrivé à Kiev, dimanche, pour rencontrer les autorités ukrainiennes. Le Canada entend renouer le dialogue avec la Russie, ce qui soulève bien des interrogations en Ukraine, qui voit toujours la Russie comme un agresseur.

Un texte de Raymond Saint-PierreCourriel

Le ministre Dion vient expliquer pourquoi le Canada renoue le dialogue avec la Russie, après des années de relations pour le moins froides avec le président Vladimir Poutine sous le gouvernement de Stephen Harper.

Le 26 janvier dernier, une conférence de presse annuelle du ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, à Moscou, avait soulevé le doute à Kiev. Les journalistes avaient demandé à M. Lavrov s'il s'attendait à un rétablissement des liens avec le Canada. Il a répondu que « oui », après des années de relations ruinées artificiellement par un gouvernement canadien qui cédait aux pressions de sa communauté ukrainienne.

Mikhailo Ratushnyi, président du Conseil mondial de coordination ukrainien qui s'occupe des relations avec la diaspora ukrainienne, affirme à Radio-Canada que cette réponse russe soulève des questionnements dans les hautes sphères politiques et dans les médias ukrainiens. 

Les Ukrainiens se sentent toujours en guerre avec la Russie. Ils lui reprochent d'avoir annexé la Crimée et l'accusent d'appuyer les rebelles qui se sont soulevés dans l'est du pays .

Depuis les accords de Minsk, il y règne un cessez-le-feu précaire. Une situation qui pourrait facilement redevenir explosive.

M. Ratushnyi croit que tout cela ne se réglera qu'après le départ de Vladimir Poutine.

Pour Ostap Kryvdyk, analyste politique ukrainien, mettre fin à l'isolement politique de la Russie et reprendre le dialogue avec elle, c'est jouer à son jeu, en laissant durer le conflit ukrainien jusqu'à ce que la communauté internationale cède et rétablisse les ponts. Il voudrait plutôt que les pays amis de l'Ukraine se méfient de cet « ennemi qui ne tient pas parole ».

Dans la capitale, Kiev, on attend avec impatience d'entendre ce que Stéphane Dion a à dire sur l'avenir des relations entre le Canada et l'Ukraine, qui se voit comme un pays assiégé, harcelé par la Russie.

Le ministre Dion aura fort à faire pour convaincre les autorités et la population que la nouvelle politique de dialogue avec la Russie est bénéfique pour tous.

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