Trois arrestations au lendemain de l'attentat à Jakarta

Reuters
La police indonésienne est sur le qui-vive au lendemain des attentats meurtriers dans le centre de Jakarta, revendiqués par le groupe armé État islamique. La police indonésienne est sur le qui-vive au lendemain des attentats meurtriers dans le centre de Jakarta, revendiqués par le groupe armé État islamique.  Photo :  Darren Whiteside / Reuters

Trois suspects ont été arrêtés vendredi en Indonésie, au lendemain des attentats commis à Jakarta qui ont fait sept morts, dont cinq assaillants, après trois heures de siège dans un centre commercial du centre-ville.

La police est en état d'alerte maximum dans tout le pays, certaines ambassades sont restées fermées pour la journée dans la capitale et les mesures de sécurité ont été renforcées à Bali, haut lieu du tourisme indonésien.

Le ministère canadien des Affaires étrangères, rebaptisé Affaires mondiales Canada par le gouvernement Trudeau, dit « avoir été informé par les autorités indonésiennes qu'un Canadien a été tué ». Il ajoute du même souffle que les agents consulaires canadiens tentent de « vérifier cette information, qui n'est toujours pas confirmée ».

Le ministre de la Sécurité Luhut Pandjaitan a confirmé les informations de la presse de l'arrestation de trois personnes à Depok, dans la banlieue sud de Jakarta. Selon la chaîne de télévision Metro, qui cite le chef de la police locale, les suspects ne sont pas liés à l'attentat de jeudi.

Il s'agit d'un artificier, d'un expert des armes à feu et d'un prédicateur, précise-t-elle. Des perquisitions sont par ailleurs en cours à Java et sur d'autres îles.

« En ce moment même, nous agissons à Java et ailleurs parce que nous avons capturé et identifié plusieurs membres de leur groupe », a annoncé Anton Charliyan, porte-parole de la police nationale, sans plus de précisions.

Tito Karnavian, chef de police de Jakarta, avait auparavant plaidé pour un renforcement des moyens de protection contre la menace croissante des djihadistes du groupe armé État islamique (EI) et de la collaboration avec les pays voisins pour les combattre.

Le bilan humain peu élevé des attentats de jeudi et les armes rudimentaires utilisées par les assaillants ne doivent pas empêcher les autorités indonésiennes de tirer les leçons de cette première attaque revendiquée par l'EI sur leur territoire, a-t-il souligné.

« Nous devons prêter une très grande attention à la montée de l'EIIL », a déclaré l'officier en utilisant le précédent acronyme de l'EI (groupe armé État islamique en Irak et au Levant).

« Nous devons améliorer nos moyens de réponse et nos mesures préventives, y compris en adoptant une loi pour les arrêter, et nous espérons que nos homologues dans d'autres pays peuvent collaborer parce qu'il ne s'agit pas d'un terrorisme local, mais d'un réseau international. » — Tito Karnavian, chef de police de Jakarta

Un millier de djihadistes en Indonésie

Le nettoyage se poursuit sur le site de ce café qui a été ciblé lors de l'attaque. Le nettoyage se poursuit sur le site de ce café qui a été ciblé lors de l'attaque.  Photo :  Beawiharta Beawiharta / Reuters

Tito Karnavian a confirmé que l'attaque avait été menée par des sympathisants de l'EI et probablement pilotée depuis Raqqa, le bastion de l'organisation djihadiste en Syrie, par un extrémiste indonésien, Bahrun Naim.

Le mode opératoire est semblable à celui des attentats de Paris commis le 13 novembre, dont Bahrun Naim avait souligné l'efficacité sur son blogue.

La menace djihadiste pesant sur l'Indonésie, pays musulman le plus peuplé, puise notamment ses racines dans les attentats de 2002 à Bali (202 morts) et ceux de 2003 et de 2009 contre de grands hôtels de Jakarta.

En décembre dernier, les services de sécurité indonésiens avaient d'ailleurs mené une série d'opérations antiterroristes sur l'île de Java, la principale de l'archipel, sur la base de renseignements communiqués notamment par les États-Unis et l'Australie.

Selon les autorités, ces opérations avaient abouti à l'interpellation de neuf partisans de l'EI, qui avaient reçu des fonds en provenance de Syrie, et permis de déjouer plusieurs projets d'attentats.

Jakarta avait également dit être sur la trace de Santoso, premier islamiste indonésien à avoir prêté publiquement allégeance à l'EI, qui se cacherait dans la jungle des Célèbes.

Le gouvernement évalue à plus d'un millier le nombre de partisans de l'EI en Indonésie. De 100 à 300 d'entre eux auraient séjourné en Syrie.

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