Journée sanglante à Bagdad

Radio-Canada avec Reuters
Des Irakiens rassemblés sur le site du centre commercial de Bagdad dont l'attaque a été revendiquée lundi par l'État islamique. Des Irakiens rassemblés sur le site du centre commercial de Bagdad dont l'attaque a été revendiquée lundi par l'État islamique.  Photo :  Ahmed Saad / Reuters

En Irak, une quarantaine de personnes sont mortes et des dizaines d'autres ont été blessées, lundi, dans une série d'attentats à la bombe perpétrés à Bagdad et dans d'autres villes du pays et revendiqués par le groupe armé État islamique (EI). Un autre attentat, non revendiqué, a fait sept morts.

Il s'agit du bilan le plus meurtrier en trois mois.

À Bagdad, c'est un centre commercial du quartier chiite d'Al-Jadida, dans l'est de la capitale, qui a été la cible d'une attaque revendiquée par l'EI. Une bombe a explosé devant le centre, tuant sept personnes, dont deux policiers, selon des sources policières et médicales. 

Quatre hommes armés s'y sont ensuite engouffrés et ont abattu cinq autres personnes avant de faire sauter leurs gilets explosifs, ont ajouté les mêmes sources. Les déflagrations ont tué six personnes.

Les forces de sécurité irakiennes ont finalement donné l'assaut après 90 minutes et ont annoncé avoir mis un terme à la terreur. Un haut responsable de la sécurité a démenti qu'il y ait eu prise d'otages, comme l'avaient annoncé certains médias.

Dans un communiqué publié sur Internet, l'EI affirme que l'attaque ciblait un rassemblement de « païens hérétiques », un terme dénigrant les chiites. Les combattants du groupe djihadiste, qui contrôle des pans du territoire irakien, sont plutôt d'obédience sunnite.

Les autorités irakiennes ont bouclé la Zone verte, ce quartier de la capitale abritant aussi bien des institutions politiques du pays que des ambassades étrangères. Des routes, des ponts et des centres commerciaux de la capitale ont aussi été fermés.

La province de Dilaya mise sous couvre-feu

Une autre explosion à la voiture piégée dans une rue commerçante de Nahraouan, un faubourg sunnite au sud-est de Bagdad, a fait au moins sept morts et plus de 15 blessés.

À Moqdadiyah, à quelque 80 kilomètres au nord-est de la capitale, 23 personnes ont été tuées et 51 autres blessées dans un double attentat à la bombe commis devant un café, selon des sources policières et médicales de Reuters. Un kamikaze aurait fait exploser sa veste d'explosifs avant qu'une voiture piégée n'explose lorsque des secouristes et des curieux sont arrivés sur les lieux.

Cette double attaque a aussi été revendiquée par l'EI. Le groupe djihadiste affirme que la première attaque visait spécifiquement des miliciens chiites.

En représailles, des chiites ont mis le feu à des maisons appartenant à des sunnites et à une mosquée. 

À Bakouba, à 15 kilomètres au nord-est de Moqdadiyah, au moins trois personnes sont mortes et huit autres ont été blessées lorsqu'un véhicule a explosé près d'un restaurant, un attentat revendiqué par l'EI.

Les forces de sécurité ont instauré un couvre-feu dans toute la province de Diyala, où se situent Moqdadiyah et Bakouba.

Lui-même originaire de Moqdadiyah, le président du Parlement irakien, Salim Al-Jabouri, cité par la télévision d'État, a estimé que ces actes de violence visaient à « saper les efforts en faveur de la paix ».

L'Irak est aux prises depuis près de deux ans avec des combattants de l'EI, qui ont grugé des pans de son territoire et les ont incorporés à son « califat ». Le groupe s'attaque au passage à ceux et celles qui se réclament d'une autre foi, qu'il s'agisse de chiites ou de yézidis.

Au cours des dernières semaines, l'EI a cependant été délogé de Sinjar par des forces kurdes et de Ramadi par les forces irakiennes.

État islamique, le règne de la terreur

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