Débat enflammé sur l'immigration en Allemagne à la suite des agressions de femmes au Nouvel An

Reuters
La cathédrale de Cologne La cathédrale de Cologne  Photo :  Wolfgang Rattay / Reuters

Angela Merkel a réclamé jeudi que les services allemands fassent toute la lumière sur les agressions dont ont été victimes une centaine de femmes le soir du Nouvel An à Cologne, en plein débat sur la crise migratoire en Allemagne.

D'après la police allemande, qui évoque une « nouvelle dimension dans la criminalité », quelque 90 femmes ont porté plainte pour menaces, agression sexuelle ou vol à l'arraché par de jeunes hommes, pour la plupart ivres, dans le quartier de la cathédrale. Environ 120 femmes seraient au total concernées.

La police dit avoir identifié 16 suspects. Le chef de la police de Cologne a ajouté que les auteurs de ces agressions semblaient être d'origine « arabe ou nord-africaine ». 

Les journaux Focus et Die Welt ont déclaré que la police avait trouvé des papiers d'identité sur certains suspects montrant qu'ils ne sont que récemment arrivés dans le pays. Les autorités n'ont pas confirmé l'information.

Lors d'une conférence de presse jeudi à Berlin, Angela Merkel, dont la cote de popularité a diminué l'an dernier lorsqu'elle s'est opposée au plafonnement du nombre de réfugiés en Allemagne, a déclaré que « ce qui s'est passé au Nouvel An est absolument inacceptable ».

« Le sentiment qu'ont éprouvé ces femmes d'être absolument sans défense et à la merci m'est personnellement intolérable. Il est par conséquent important que tout ce qui s'est passé (cette nuit-là) apparaisse au grand jour. » — Angela Merkel, chancelière allemande

« Nous devons aussi continuer de parler des bases de notre coexistence culturelle en Allemagne et ce que les gens attendent à raison, c'est que les actes suivent les discours », a dit la chancelière.

À Cologne, la communauté turque, établie dans cette ville depuis des décennies, condamne vivement les attaques perpétrées contre des femmes durant la soirée du Nouvel An. À Cologne, la communauté turque, établie dans cette ville depuis des décennies, condamne vivement les attaques perpétrées contre des femmes durant la soirée du Nouvel An.  Photo :  AP/Frank Jordans

Des agressions signalées dans d'autres villes

L'opinion allemande a été choquée par ces agressions, qui se seraient également produites à une échelle plus réduite dans d'autres villes allemandes comme Hambourg.

Des événements similaires pourraient également s'être produits dans d'autres pays. Une demi-douzaine de femmes ont porté plainte pour des vols et des agressions sexuelles subies lors des célébrations de la Saint-Sylvestre, à Zurich, rapporte la police suisse dans un communiqué publié jeudi.

En Finlande, la police dit avoir reçu des informations selon lesquelles des agressions contre des femmes auraient été planifiées au Nouvel An.

En Allemagne, des partis d'extrême droite dont l'AfD (Alternative pour l'Allemagne) ont réclamé une limitation du nombre de réfugiés accueillis par l'Allemagne.

Il faut défendre l'état de droit, selon Bild

Le quotidien à grand tirage Bild a publié les extraits du rapport d'un policier en fonction le soir du Nouvel An à Cologne, dont la police a par la suite confirmé l'authenticité.

Un homme aurait ainsi déclaré à l'agent: « Je suis syrien. Il faut être gentil avec moi. C'est Frau Merkel qui m'a invité ici. »

Le Bild estime que même s'il n'est pas prouvé que les agressions de Cologne sont le fait de migrants fraîchement arrivés en Allemagne, elles confortent les craintes d'une partie de la population. « Cologne est un tournant. La politique envers les réfugiés ne doit pas être réinventée en raison de ces agressions mais elle ne pourra être résolue avec succès que si l'état de droit est défendu avec détermination », écrit-il.

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