Grand rassemblement pour les victimes des attentats de Copenhague

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Copenhague en deuil : récit de Frédéric Nicoloff

Environ 30 000 Danois se sont réunis lundi à Copenhague pour rendre hommage aux victimes des attaques commises contre la communauté juive et contre un centre culturel, un mois après les attentats de Paris.

« Nous avons maintenant fait l'expérience de la peur que le terrorisme tente de répandre », a lancé la premier ministre Helle Thorning-Schmidt devant la presse. « La démocratie danoise est forte, la nation danoise est forte et nous n'accepterons pas les menaces et les tentatives d'intimidation contre nos libertés et nos droits », a-t-elle continué.

Le président de la communauté juive danoise a pour sa part tendu la main aux musulmans. « Nous combattons ensemble avec eux (les musulmans) pour la liberté religieuse. Nous sommes des modérés. Nous combattons contre l'extrémisme et le radicalisme », a insisté Dan
Rosenberg Asmussen.

Un important contingent de forces de sécurité a été déployé pour la commémoration.

En signe de solidarité, des responsables étrangers se sont rassemblés devant le centre culturel Krudttonden où s'est tenu samedi la conférence sur la liberté d'expression, interrompue par une attaque meutrière.

L'homme derrière l'attaque a été identifié par les médias comme Omar El-Hussein, Danois d'origine palestinienne. Finn Nørgaard, un réalisateur de 55 ans, est mort dans cette attaque où trois policiers ont été blessés.

L'artiste suédois Lars Vilks, 68 ans, cible des fondamentalistes depuis qu'il a dessiné le prophète Mahomet avec un corps de chien en 2007, participait à cette conférence, mais il s'en est sorti indemne. La police suédoise a toutefois annoncé lundi qu'il partait vivre dans un lieu tenu secret.

« Son domicile à Höganäs (sud de la Suède) n'est pas un endroit où il est en sécurité. Il doit aller dans un lieu sûr », a déclaré à l'AFP une porte-parole de la police, Ewa-Gun Westford.

La deuxième fusillade, survenue dans la nuit de samedi à dimanche, a visé une synagogue de Copenhague. Un homme juif de 37 ans qui montait la garde est mort, et deux autres personnes ont été blessées.

Omar El-Hussein a été abattu par les policiers après cette deuxième fusillade. Il était déjà connu des services de police pour des actes de violence et pour possession d'armes.

Les services de renseignement ont indiqué travailler sur l'hypothèse selon laquelle cet homme a pu être inspiré par les événements dans les bureaux de Charlie Hebdo à Paris.

Dimanche, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a mis en cause la capacité des démocraties européennes à protéger les Juifs pris pour cible par les terroristes, appelant les Juifs à émigrer vers Israël qui les « attend à bras ouverts ».

Son appel a cependant eu peu d'échos. Un représentant de la communauté juive danoise, Jeppe Juhl, a rétorqué que les Juifs danois étaient Danois avant tout, et que « la terreur » n'allait pas les faire fuir.

La première ministre du Danemark, Helle Thorning-Schmidt a, de son côté, demandé aux Juifs danois de ne pas céder aux appels au départ. « Nous ne serions pas les mêmes sans la communauté juive », a-t-elle déclaré.

« Une attaque contre les Juifs du Danemark est une attaque contre le Danemark. » — Helle Thorning-Schmidt

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