Ukraine : un pays déchiré entre l'Est et l'Ouest

Bruxelles somme la Russie de quitter l'Ukraine d'ici une semaine

Radio-Canada avec Associated Press
Le récit d'Isabelle Girard

L'Union européenne a donné un ultimatum d'une semaine à la Russie pour réduire son intervention en Ukraine, à défaut de quoi elle se verra imposer de nouvelles sanctions économiques.

Tôt dimanche, le président du sommet de l'UE, Herman Van Rompuy, a confirmé que les 28 leaders du bloc avaient confié à l'organe exécutif le mandat « d'amorcer urgemment un travail préparatoire à des fins de considération d'ici une semaine ».

Il a ajouté que « tout le monde est très conscient qu'il faut agir rapidement ».

Toutefois, dans ce qui semble être des craintes de représailles économiques, les leaders de l'Union européenne ont choisi d'attendre avant d'imposer immédiatement des sanctions plus sévères. La Russie est le troisième plus important partenaire économique de l'UE, et l'un de ses plus importants fournisseurs de pétrole et d'essence.

Les affrontements dans l'est de l'Ukraine entre l'armée et les séparatistes pro-russes ont fait 2600 victimes, selon des chiffres de l'Organisation des Nations unies. L'OTAN estime qu'au moins 1000 soldats russes se trouvent en Ukraine, ce que la Russie nie.

Les États-Unis ont déclaré, par communiqué samedi soir, qu'ils soutenaient la position de l'Union européenne quant à de possibles sanctions contre la Russie et le besoin de démontrer un appui renforcé envers l'Ukraine.

Porochenko craint « le point de non-retour »

Selon le président ukrainien, Petro Porochenko, une forte réponse de l'UE est nécessaire parce que son pays est soumis à une « agression militaire et à la terreur », tandis que des milliers de troupes russes et des centaines de chars se trouvent dans l'Est. De son côté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré devant des leaders de l'UE à Bruxelles que « les sanctions ne sont pas une fin en soi », mais plutôt un moyen visant à dissuader la Russie de déstabiliser davantage l'Ukraine.

Les États-Unis et l'UE ont déjà imposé des sanctions contre des responsables russes, plusieurs entreprises et le secteur financier du pays.

L'Occident se mobilise

Le Financial Times rapporte que sept pays de l'OTAN, menés par la Grande-Bretagne, se préparent à créer une nouvelle force d'action rapide de 10 000 hommes afin de réagir rapidement à l'intervention de la Russie en Ukraine. La création de l'unité devrait être annoncée la semaine prochaine, lors du sommet de l'OTAN. Le Canada aurait fait connaître son intérêt à participer à l'action. Le premier ministre Stephen Harper en a d'ailleurs discuté au téléphone avec le président américain Barack Obama samedi. Selon l'OTAN, un millier de soldats russes se trouveraient sur le territoire ukrainien.

L'Ukraine a perdu du terrain lors des récents combats, et a dit samedi qu'elle abandonnait une ville où ses forces étaient encerclées par des rebelles depuis des jours. Kiev se retire également d'une autre ville qui était passée sous son contrôle deux semaines plus tôt. Cette déclaration du colonel Andri Lisenko, un porte-parole du Conseil national de sécurité, indique que les forces ukrainiennes font face à une forte résistance de la part des séparatistes et ce, quelques semaines seulement après avoir accumulé les gains et avoir expulsé les rebelles de la majorité de leur territoire.

Ce recul survient alors que Kiev et l'Occident soutiennent que la Russie augmente ses appuis envers les rebelles, y compris en leur fournissant des chars et des véhicules blindés.

Voilà plusieurs jours que les forces ukrainiennes étaient encerclées par les rebelles dans la ville d'Ilovaisk, à environ 20 kilomètres du fief rebelle de Donetsk. « Nous livrons cette ville, a dit M. Lisenko aux journalistes. Notre tâche est désormais d'évacuer nos hommes avec le moins de pertes possibles afin de nous regrouper. »

Toujours selon le porte-parole, les unités régulières de l'armée ont reçu l'ordre de se retirer de Novosvitlisvk et de Khriaschouvate, deux villes situées sur la route principale entre la frontière russe et Lougansk, la deuxième plus grande ville rebelle. Kiev avait pourtant annoncé avoir pris la première des deux localités plus tôt ce mois-ci.

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