L'OTAN ouverte à une adhésion de l'Ukraine

Radio-Canada avec Reuters et Agence France-Presse
Le reportage de Frédéric Arnould

Tandis que le premier ministre ukrainien annonce que son gouvernement demandera au parlement de lancer les procédures d'adhésion de l'Ukraine à l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), le secrétaire général de l'alliance politico-militaire se dit ouvert à l'idée que l'Ukraine devienne membre.

Lors d'une réunion d'urgence des ambassadeurs des pays membres, à Bruxelles, le secrétaire général de l'OTAN a affirmé respecter les choix de l'Ukraine et rappelé la décision de l'Alliance, en 2008, qui approuvait une éventuelle adhésion de l'Ukraine.

Faisant allusion aux pressions qu'exerce la Russie sur l'Ukraine pour l'empêcher de se joindre à l'Union européenne et éventuellement à l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen a expliqué que chaque pays a « le droit de décider lui-même, sans ingérence de l'extérieur » de ses choix d'alliances.

Le secrétaire général de l'OTAN a par conséquent exhorté la Russie à « cesser ses actions militaires illégales en Ukraine » et dénoncé « une grave escalade de l'agression militaire russe ».

« Nous condamnons dans les termes les plus forts le mépris permanent de la Russie de ses obligations internationales. Nous appelons la Russie à cesser ses actions militaires illégales, à arrêter son soutien aux séparatistes armés et à prendre les mesures immédiates et vérifiables en vue d'une désescalade de cette crise. » — Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN

Fidèle à la position qu'elle tient depuis le début dans cette crise, la Russie a une nouvelle fois nié, par la voix de son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, toute intervention militaire russe en Ukraine. Moscou a également appelé Kiev à négocier avec les rebelles, dont le président Vladimir Poutine a vanté les accomplissements.

Kiev prête à engager les procédures d'adhésion

Cette ouverture affichée par l'OTAN à une éventuelle candidature de l'Ukraine survient quelques heures après que le premier ministre de l'Ukraine, Arseni Iatseniouk, eut annoncé que son gouvernement allait demander au Parlement de quitter le bloc des pays non-alignés et lancer les procédures d'adhésion du pays à l'OTAN. Le premier ministre ukrainien a ajouté que son principal objectif est que son pays adhère à l'Union européenne.

Jeudi, l'Ukraine a lancé un appel à ses alliés pour l'aider à repousser les forces russes et les insurgés qui ont ouvert un deuxième front dans l'est de l'Ukraine, en bordure de la mer d'Azov, à la suite de l'incursion de milliers de soldats russes dans le sud du pays pour prêter main-forte aux insurgés et ouvrir un éventuel passage terrestre vers la péninsule de Crimée, annexée au printemps par la Russie. 

Les 28 dirigeants de l'Union européenne ont prévu une rencontre spéciale samedi, à Bruxelles, afin d'établir une réponse face à l'escalade de la violence en Ukraine. L'imposition de nouvelles sanctions contre la Russie sera notamment étudiée. Le président ukrainien Petro Porochenko doit assister à l'ouverture du sommet.

La Roumanie réclame des armes pour l'Ukraine

Par ailleurs, la Roumanie, qui est membre de l'OTAN et voisine de l'Ukraine, a demandé que les pays membres de l'OTAN et l'Union européenne fournissent des armes au gouvernement ukrainien pour l'aider à combattre les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Dénonçant « l'agression de la Russie » contre l'Ukraine, le président roumain Traian Basescu a réclamé un durcissement des sanctions internationales contre Moscou.

« Ma position au conseil européen de demain (samedi, NDLR) visera le soutien de l'Ukraine avec de l'armement pour qu'elle puisse faire face à l'agression de la Russie », a déclaré le président Basescu.

Selon lui, la Russie « entretient, alimente et construit » le conflit en Ukraine. « La Russie invente tout pour déstabiliser ce pays », a poursuivi le président roumain.

Participation active du Canada

Le Canada a pour sa part annoncé qu'il serait partie prenante de la réponse de l'OTAN à l'incursion russe en Ukraine et qu'il allait envoyer des avions de chasse patrouiller dans l'espace aérien limitrophe de la Russie, dès la semaine prochaine.

Au moins quatre des six chasseurs canadiens CF-18 qui doivent participer à l'opération sont déjà sur une base militaire en Lituanie.

Des chasseurs canadiens CF-18 sur la base aérienne de Siauliai, en Lithuanie. Des chasseurs canadiens CF-18 sur la base aérienne de Siauliai, en Lithuanie.  Photo :  Ints Kalnins / Reuters

L'Ukraine, déchirée entre l'Est et l'Ouest. Notre dossier

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