Avion disparu en Asie : le Vietnam s'impatiente

Radio-Canada avec Reuters et Associated Press
Le mystère du vol 370 se continue

Le Vietnam a annoncé mercredi ralentir les recherches pour retrouver l'avion de Malaysian Airlines porté disparu depuis samedi avec 239 personnes à bord.

Des avions continueront de survoler la mer de Chine méridionale mercredi, mais les recherches par bateau sont suspendues.

Le Vietnam souhaite avoir plus d'informations de la part des autorités malaisiennes sur le changement de trajectoire possible de l'appareil, dont le dernier signal aurait été enregistré loin de la sa route prévue.

Mardi, une source militaire a laissé entendre que l'avion aurait tourné et volé des centaines de kilomètres vers l'ouest, jusqu'au détroit de Malacca, avant de perdre contact avec les contrôleurs aériens. Il aurait volé pendant plus d'une heure après être disparu des écrans radars.

Mais la Malaisie a démenti cette information mercredi et maintenu sa première version des évènements, à savoir que l'appareil aurait complètement disparu une heure après son départ de Kuala Lumpur en direction de Pékin, la capitale chinoise.

Le gouvernement vietnamien affirme avoir demandé des détails à la Malaisie, mais sa requête est restée lettre morte.

Les recherches seront toutefois élargies à la mer Andaman, selon le chef de l'aviation civile malaisienne. Le secteur est situé à des centaines de kilomètres du périmètre de recherches jusqu'ici exploré.

Toutes les pistes suivies jusqu'à présent, notamment une nappe de carburant qui provenait en fait d'un navire et un objet flottant, qui n'était pas un bateau de sauvetage tel qu'espéré, se sont révélées vaines.

La Chine s'en mêle

La Chine, qui est très critique quant à la gestion de la situation par la Malaisie, a déployé mardi 10 satellites à haute résolution, qui seront utilisés notamment pour la navigation, l'observation des conditions météorologiques et les communications dans le cadre des recherches.

Des 239 personnes qui se trouvaient à bord du vol MH370, 158 étaient chinoises. Il y avait également deux Canadiens dans l'appareil.

Les autorités responsables des recherches, qui regroupent des navires et des avions issus de 10 pays de la région, ont élargi le périmètre des opérations. La côte ouest de la Malaisie, dans la mer de Chine méridionale, est maintenant le principal secteur exploré par les équipes.

« La disparition de l'appareil est un mystère aéronautique sans précédent », a dit Azharuddin Abdul Rahman, ajoutant qu'aucune piste, même celles du détournement ou de l'explosion de l'avion en vol, n'est encore écartée.

Des sources proches de l'enquête sur la disparition ont révélé lundi qu'aucun message automatique n'a été transmis par l'appareil depuis vendredi. Le Boeing 777-200 est équipé d'un système informatique qui transmet automatiquement les détails sur l'état de l'appareil à une équipe de maintenance.

Les autorités avaient déjà révélé que la tour de contrôle n'avait pas reçu d'appel de détresse de la part du pilote.

Les détenteurs de passeports volés identifiés

Le secrétaire général d'Interpol, Ronald Noble (deuxième à partir de la droite), a diffusé les photos des deux passagers ayant utilisé de faux passeports. Le secrétaire général d'Interpol, Ronald Noble (deuxième à partir de la droite), a diffusé les photos des deux passagers ayant utilisé de faux passeports.  Photo :  Robert Pratta / Reuters

Pour le directeur de l'agence américaine du renseignement (CIA), John Brennan, « aucune théorie n'est écartée pour le moment », pas même celle du terrorisme.

« Il y a beaucoup de spéculations en ce moment, des revendications qui n'ont pas du tout été confirmées ou corroborées », a-t-il déclaré devant le centre de réflexion Council on Foreign Relations, à Washington.

De récentes découvertes sur les deux passagers ayant acheté leurs billets avec des passeports volés en Thaïlande font pourtant dire à Interpol que les risques qu'il s'agisse d'un attentat terroriste sont faibles.

L'agence policière internationale a diffusé des images de deux Iraniens montant à bord de l'appareil en même temps. Les deux individus ont été identifiés comme étant Seyed Mohammed Reza Delavar, 29 ans, et Pouria Nourmohammadi, qui serait âgé de 18 ou 19 ans.

Pouria Nourmohammadi voulait apparemment obtenir le statut de réfugié en Allemagne. C'est sa mère, qui l'attendait à l'aéroport de Francfort et qui était inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles, qui a alerté les autorités.

« Nous croyons qu'il [Nourmohammadi] n'appartient probablement pas à une organisation terroriste », a déclaré le chef de la police malaisienne, Khalid Abou Bakar.

Pour le secrétaire général d'Interpol, Ronal K. Noble, il s'agit plus probablement « d'un trafic d'êtres humains », les deux jeunes hommes cherchant à émigrer en Europe.

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