Référendum en Crimée: une violation du droit international, selon Obama

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le reportage de Joyce Napier

L'annonce de la tenue d'un référendum sur l'annexion de la Crimée à la Russie a donné lieu à une levée de boucliers de la part des États-Unis et du Canada, qui considèrent qu'il s'agit d'une violation du droit international.

En conférence de presse jeudi, le président Barack Obama a déclaré que « toute décision concernant la Crimée doit impliquer le gouvernement ukrainien ». Il a aussi prévenu que les États-Unis et leurs alliés allaient « demeurer fermes » face à la Russie si elle persiste à violer le droit international en Crimée.

Dans un entretien téléphonique d'une heure, plus tard en journée, avec le président russe, Barack Obama a invité son homologue à accepter un plan de sortie de crise. « Le président Obama a indiqué qu'il y avait une façon de résoudre la situation diplomatiquement », a déclaré la Maison-Blanche.

Vladimir Poutine a pour sa part affirmé au président américain que les relations entre les deux pays n'avaient pas à être affectées par la crise en Ukraine. « Le président de la Russie a rappelé l'importance des relations américano-russes pour assurer la stabilité et la sécurité dans le monde. Ces relations ne devraient pas être sacrifiées par des problèmes internationaux isolés, bien qu'extrêmement importants », a soutenu le Kremlin dans un communiqué.

En guise de représailles, Washington a décidé jeudi matin de geler les avoirs financiers et d'imposer des restrictions de visas aux responsables ukrainiens et russes qui, selon la Maison-Blanche, minent la paix, la sécurité et la stabilité en Ukraine.

Les forces aériennes américaines ont aussi déplacé 12 avions de combat F-16 sur la base aérienne polonaise de Lask, officiellement pour y participer à des exercices.

Des « discussions au plus haut niveau » se dérouleraient par ailleurs à Washignton sur la façon de fournir du gaz naturel américain à l'Ukraine, qui dépend dans une large mesure des exportations de gaz russe.

Référendum « illégitime »

Le gouvernement canadien a lui aussi annoncé qu'il ne reconnaîtra pas le résultat de ce référendum, qu'il qualifie « d'illégitime ».

« Nous n'allons pas accepter un référendum qui a été annoncé à dix jours de préavis, au moment où l'État est en occupation militaire », a indiqué le ministre des Affaires étrangères, John Baird. 

Un peu plus tôt jeudi, le premier ministre avait tenu le même discours.

« Le Canada ne reconnaîtra pas les résultats d'un référendum tenu dans une région qui est actuellement occupée illégalement par des forces militaires. » — Stephen Harper, premier ministre du Canada

Le gouvernement considère que l'intervention militaire de la Russie en Crimée est illégale.

« L'invasion de l'Ukraine par la Russie est une agression, une violation claire de la souveraineté de l'Ukraine et du droit international », a déclaré le premier ministre Stephen Harper.

« Nous allons continuer à considérer la situation en Ukraine avec la plus grande inquiétude et nous continuerons à coopérer de près avec nos partenaires du G7 et les alliés qui pensent comme nous », a tranché le chef du gouvernement canadien.

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