Colombie : la libération d'un otage canadien pourrait relancer les pourparlers de paix

Radio-Canada avec Reuters
Gernot Wober, l'otage canadien libéré par l'ELN mardi Jernoc Wobert, l'otage canadien libéré par l'ELN mardi  Photo :  AFP/EMMANUEL PEREZ

Le président colombien Juan Manuel Santos s'est dit prêt, mercredi, à négocier avec l'Armée de libération nationale (ELN), la seconde guérilla marxiste par la taille qui affronte Bogota, après les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).

Juan Manuel Santos avait refusé de négocier avec l'ELN tant qu'elle ne libérerait pas un géologue canadien, enlevé en janvier, ce qu'elle a fait mardi en remettant l'otage au Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Gernot Wober avait été enlevé le 18 janvier dans la province de Bolivar en compagnie de cinq autres employés d'une mine d'or gérée par la compagnie canadienne Braeval Mining.

Il est attendu à Toronto jeudi.

Des pourparlers ardus

L'ELN, qui compte environ 3000 combattants, et les FARC, avec lesquelles la Colombie est déjà en train de négocier, sont considérées comme des organisations terroristes par les États-Unis et l'Union européenne (UE).

L'ELN, d'inspiration castriste, est en lutte contre le pouvoir colombien depuis 1964, année où des prêtres catholiques inspirés par la révolution cubaine avaient pris les armes pour tenter de renverser le gouvernement de Bogota.

« Nous espérons pouvoir enclencher les procédures nécessaires pour entamer le dialogue avec l'ELN, afin de déterminer si, une fois pour toutes, nous pouvons mettre un terme au conflit. » — Juan Manuel Santos, président de la Colombie

L'ELN a déjà négocié avec Bogota par le passé, via des pourparlers, infructueux, tenus à Cuba et au Venezuela de 2002 à 2007.

La Cour constitutionnelle de Colombie a par ailleurs jugé mercredi conforme à la Constitution la loi qui a rendu possibles les négociations de paix en cours avec les FARC, rejetant un recours intenté contre elle par Gustavo Gallon, avocat auprès de la Commission colombienne des juristes.

Bien que préalable nécessaire à l'ouverture des négociations, la loi en question a été durement critiquée par l'opposition et par les organisations de défense des droits de
l'homme, celles-ci estimant qu'elle offrait en sous-main une amnistie aux auteurs d'abominables crimes de guerre.

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