Bangladesh : Loblaw se dit « attristée », un syndicat canadien réclame la punition des multinationales

Une femme recherche sa fille disparue depuis l'effondrement de l'immeuble où elle travaillait. Une femme recherche sa fille disparue depuis l'effondrement de l'immeuble où elle travaillait.  Photo :  AFP/MUNIR UZ ZAMAN

L'effondrement d'un immeuble au Bangladesh, où plus de 300 ouvriers ont trouvé la mort, a suscité la réaction de l'entreprise Loblaw, qui fabrique une partie de ses produits dans ce pays.

La compagnie a exprimé ses condoléances aux familles des victimes et a indiqué que sa priorité est d'aider « les familles des victimes ».

Elle a également souligné dans un communiqué qu'elle entamera des changements pour « prévenir » des incidents similaires à l'avenir.

L'entreprise a indiqué qu'une équipe se rendra au Bangladesh afin de « trouver des réponses » concernant les causes de la tragédie.

Loblaw affirme par ailleurs qu'elle fait en sorte que ses produits soient fabriqués dans le respect des normes « socialement responsables », mais reconnaît que les mesures prises par la compagnie en cette matière n'ont pas concerné les normes des bâtiments.

Les ateliers textiles du Rana Plaza embauchaient plus de 2000 travailleurs qui confectionnaient des vêtements pour des marques occidentales connues telles que Wal-Mart, Joe Fresh, The Children Place, Texman, Mango et Primark.

L'industrie textile est importante au Bangladesh, où 3,6 millions d'ouvriers travaillent principalement dans l'industrie de la confection, ce qui en fait le deuxième pays exportateur de vêtements au monde après la Chine.

« Désastre criminel »

Le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP) a eu des mots durs contre les multinationales.

Le président du syndicat, Dave Coles, a affirmé par voie de communiqué que les normes « les plus fondamentales de l'Organisation internationale du travail ont été violées et que les détaillants responsables devraient être condamnés en vertu des dispositions les plus sévères et traduits rapidement en justice ».

Le SCEP estime que « ce désastre criminel est le résultat direct d'un capitalisme déréglementé de libre marché ».

« Les photos de l'effondrement d'une usine au Bangladesh illustrent la cupidité des entreprises qui ont perdu la tête. Ce désastre criminel est le résultat direct d'un capitalisme déréglementé de libre marché », a déclaré M. Coles.

La colère des travailleurs bangladais a éclaté jeudi après qu'on eut appris que le responsable des usines textiles du Rana Plaza avait obligé les employés à retourner y travailler malgré d'un ordre d'évacuation de la police en raison de la détérioration de la structure et de larges fissures apparues sur les murs.

Des centaines de milliers de travailleurs ont envahi les rues et attaqué des usines vendredi à Savar. 

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