Nucléaire iranien : échec des discussions avec l'Occident

Catherine Ashton, responsable des Affaires étrangères de l'Union européenne Catherine Ashton, responsable des Affaires étrangères de l'Union européenne  Photo :  Pavel Mikheyev

La responsable des Affaires étrangères de l'Union européenne a annoncé samedi que les négociations entre l'Iran et six grandes puissances sur le programme nucléaire iranien n'avaient pas permis de conclure d'accord.

Catherine Ashton a affirmé que, après deux jours de pourparlers, les deux camps avaient constaté qu'ils étaient loin de s'entendre sur le fond de la question. Mme Ashton a ajouté que les négociateurs consulteraient désormais leur capitale respective, sans toutefois mentionner de plans pour une nouvelle rencontre - un autre signe que le fossé entre les deux parties demeurait important. Mme Ashton a précisé qu'elle s'entretiendrait par téléphone avec le négociateur principal de l'Iran, Saeed Jalili, pour discuter des prochaines étapes.

Les six pays veulent que Téhéran cesse d'enrichir et de stocker de l'uranium de haute qualité, craignant que le régime iranien ne l'utilise pour fabriquer des ogives nucléaires plutôt comme source d'énergie.

L'Iran soutient pour sa part qu'elle a le droit d'enrichir de l'uranium et qu'elle n'a aucunement l'intention de se servir de cette technologie pour fabriquer des armes.

La République islamique exige davantage de concessions de la part de ses six interlocuteurs concernant les sanctions qui lui ont été imposées que ceux-ci sont prêts à lui accorder.

Si aucune percée n'était attendue, le manque de progression dans les négociations internationales ayant débuté il y a 10 ans allait certainement alimenter les craintes que la diplomatie soit incapable d'empêcher l'Iran de développer davantage ses capacités de mise au point d'armes nucléaires.

Israël est certainement le pays le plus inquiet à ce sujet. L'État juif a déclaré que l'Iran n'avait encore besoin que de quelques mois pour disposer du matériel fissible nécessaire pour fabriquer une ogive atomique, et s'est engagé à utiliser tous les moyens nécessaires afin de l'en empêcher.

Les États-Unis n'ont pas précisé quelle serait leur « ligne rouge », mais ont affirmé qu'ils ne toléreraient pas un Iran muni d'armes nucléaires.

« Israël a déjà averti que les Iraniens profitaient des rondes de négociations pour acheter du temps afin de faire progresser leur enrichissement d'uranium, étape par étape, pour obtenir une arme nucléaire », a déclaré Yuval Steinitz, le ministre israélien du Renseignement et des Affaires stratégiques dans un message texte envoyé à des journalistes.

Le ministre estime également qu'« il est temps d'adopter une approche plus agressive et clairement indiquer aux Iraniens que leur jeu de négociations approche de sa fin ».

Une frappe militaire contre l'Iran pourrait provoquer une forte riposte de la part de Téhéran, mais aussi de ses groupes alliés en Syrie, au Liban et en Cisjordanie, brandissant le spectre d'un conflit plus large au Moyen-Orient, tout en gardant les deux parties à la table des négociations.

Lors des discussions au Kazakhstan, les six pays impliqués (Chine, Russie, France, Grande-Bretagne, États-Unis et Allemagne) demandaient à Téhéran de limiter sa production et de diminuer ses stocks d'uranium enrichi à 20 %, ce qui représente une étape avant de posséder de l'uranium enrichi de qualité militaire.


Associated Press

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