Le pape François succède à Benoît XVI

Benoît XVI fait ses adieux aux fidèles

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Benoît XVI

Le pape Benoît XVI a tenu mercredi matin sa dernière audience générale et offert ses adieux devant des dizaines de milliers de fidèles rassemblées devant la basilique Saint-Pierre de Rome, au Vatican.

Souriant, le souverain pontife a traversé la foule qui l'acclamait à bord d'une papemobile sans vitres latérales. Benoît XVI a pris le temps de saluer ses fidèles et a embrassé de jeunes enfants, avant de prononcer son ultime discours à titre de chef de l'Église catholique.

« Dieu ne laissera pas couler son Église », a déclaré le pape Benoît XVI, évoquant les « eaux agitées » de son pontificat, mais en précisant qu'il ne s'était « jamais senti seul de porter les joies et le poids du ministère de Pierre ».

Il a déclaré avoir pris la décision de démissionner « en pleine conscience de la gravité et de la nouveauté » du geste. Le souverain pontife a ajouté : « mais aimer l'Église, c'est aussi faire des choix difficiles ».

Le pape Benoît XVI quitte ses fonctions en raison de son âge et du déclin de ses capacités physiques. Il cessera officiellement d'être pape jeudi à 20h (19h GMT), mais restera « pape émérite » et demeurera pour les fidèles « Sa Sainteté ».

« J'ai pris cette décision en pleine conscience de sa gravité et de sa rareté mais aussi avec une profonde sérénité d'esprit. » — Benoît XVI

Une foule estimée à quelque 150 000 personnes a déferlé en matinée sur la place Saint-Pierre pour cet événement qualifié d'historique, brandissant des drapeaux ou des banderoles disant « merci » dans toutes les langues.

Selon nos journalistes sur place, l'atmosphère était à la fête, ce qui contraste complètement avec l'idée d'un départ. Chants, musique et enthousiasme ont envahi la place Saint-Pierre.

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Benoit XVI - Adieux aux fidèles

Benoît XVI recevra jeudi ses cardinaux pour la toute dernière fois et à 17 h (16 h GMT), il partira en hélicoptère pour Castel Gandolfo, la résidence d'été des papes au sud-est de Rome, où il fera une apparition à une fenêtre de la villa pour saluer les fidèles. Ce sera sa dernière apparition publique en tant que pape en exercice.

Jeudi, les cardinaux présents à Rome amorceront leurs « congrégations générales » afin de préparer le conclave qui élira le nouveau pape. Plusieurs candidats potentiels sont évoqués par les spécialistes, dont le cardinal québécois Marc Ouellet.

Par ailleurs, Benoît XVI a changé lundi les règles entourant la tenue du conclave, affirmant que les cardinaux pourront avancer le choix de son successeur s'ils arrivent tous à Rome avant la période de 15 jours qui assure traditionnellement la transition entre deux pontificats.

L'ancien archevêque de Montréal, le cardinal Jean-Claude Turcotte, le cardinal Marc Ouellet et le cardinal Thomas Collins figureront parmi les 117 cardinaux qui pourront se prononcer au conclave.

Les trois cardinaux du Canada

Selon la constitution apostolique adoptée en 1996, le conclave doit débuter dans les 15 à 20 jours qui suivent la vacance du Saint-Siège, qui sera effective jeudi.

La date de début du conclave est importante parce que la Semaine sainte commence le 24 mars et que la fête de Pâques sera célébrée le 31 mars. Pour qu'un nouveau pape soit en poste à temps pour cette période importante, il devra avoir été installé le dimanche 17 mars - un échéancier très serré si le conclave devait débuter le 15 mars.

Avec les changements apportés par Benoît XVI, le conclave pourrait donc être convoqué avant le 15 mars.

Le chef des catholiques d'Australie, cardinal électeur, égratigne Benoît XVI

Le chef de l'Eglise catholique d'Australie, qui participera au conclave pour élire le nouveau pape, a publiquement égratigné Benoît XVI jeudi, jour de sa démission, lui reprochant sa renonciation « déstabilisante » et son incapacité à réaliser l'unité des catholiques. Le cardinal George Pell, électeur australien au conclave qui devrait se tenir en mars pour désigner un nouveau souverain pontife, a estimé que « le gouvernement n'était pas le point fort » de Benoît XVI. « Je préfère quelqu'un qui puisse mener l'Eglise et la rassembler un peu », a-t-il déclaré à la télévision, citant en particulier comme point noir du pontificat de Joseph Ratzinger le scandale de Vatileaks qui a jeté le discrédit sur la Curie romaine.
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