La hausse des milices citoyennes suscite de l'inquiétude au Mexique

Des sacs de marijuana saisis par la police fédérale mexicaine, en 2011. Des sacs de marijuana saisis par la police fédérale mexicaine, en 2011  Photo :  AFP/ALFREDO ESTRELLA

L'apparition au Mexique d'une nouvelle milice citoyenne dotée d'armes sophistiquées et d'un semblant d'uniforme a provoqué un débat sur ces organisations de « légitime défense » qui se multiplient à un rythme effréné sur le territoire mexicain.

Le nouveau groupe s'est manifesté pour la première fois cette semaine à Tepalcatepec, dans l'État de Michoacan, une région où la guerre entre cartels de la drogue fait rage. Depuis janvier, les résidents de plusieurs villes mexicaines ont mis sur pied des patrouilles et des points de contrôle afin de lutter contre de nombreux crimes, dont les enlèvements et les extorsions.

Mais les autres milices ayant émergé durant les dernières semaines étaient généralement composées de fermiers chaussés de bottes boueuses ou de sandales et armés de fusils de chasse ou à un coup de vieux pistolets et de machettes.

Ce n'est pas le cas de la plus récente organisation, dont les membres arborent des armes d'assaut, des pantalons propres et des t-shirts imprimés portant les inscriptions « Police communautaire » d'un côté et « Tepalcatepec libre » de l'autre.

Plusieurs Mexicains craignent que ces patrouilles ne commencent à se comporter comme des groupes paramilitaires ou ne se mettent à la solde des narcotrafiquants.

Comme l'avait fait remarquer Raul Plascencia, le président de la Commission des droits de l'homme du Mexique, plus tôt en février, la ligne est mince entre miliciens et paramilitaires.

L'un des leaders du groupe de Tepalcatepec, qui a déjà mis en place des points de contrôle et interrogé quelques automobilistes, a assuré que l'organisation était formée de citoyens ordinaires exerçant leurs droits constitutionnels.

« Nous voulons échapper au joug du crime organisé », a déclaré l'homme, dont le visage était caché par un bandana bleu. Il a soutenu que la milice était financée et dirigée par les résidents et non par les cartels.

En conférence de presse mardi, le sous-secrétaire de l'Intérieur Eduardo Sanchez a reconnu que le gouvernement devait relever le double défi de rétablir l'ordre dans les régions livrées à l'anarchie et de contrôler les groupes « d'autodéfense ».

L'une des plus grandes inquiétudes concernant ces organisations est leur habitude d'arrêter des personnes et de les détenir pendant des semaines dans des prisons improvisées.

Le chef de la milice de Tepalcatepec a admis que son groupe avait déjà emprisonné plusieurs « suspects ».

Associated Press

La Presse Canadienne

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