La crise malienne

78 morts dans des combats dans le nord du Mali

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des soldats maliens au sol dans le centre de Gao

Des combats dans le massif des Ifoghas, dans le nord du Mali, ont fait 65 morts parmi les djihadistes et 13 morts dans les rangs des troupes tchadiennes. C'est l'état-major tchadien qui a diffusé l'information vendredi, en précisant que l'armée tchadienne avait détruit cinq véhicules des djihadistes.

À Gao, les affrontements entre combattants islamistes et soldats maliens et nigériens se sont poursuivis vendredi.

Des soldats maliens ont tiré à l'arme lourde à la mi-journée sur la mairie de Gao, où s'étaient retranchés la veille des islamistes armés lors de violents combats avec l'armée malienne, appuyée par des militaires français.

Selon l'armée française, de 15 à 20 islamistes ont été tués, deux soldats français « très légèrement blessés » et « quatre soldats maliens auraient été blessés » au cours des combats de jeudi.

Des tireurs embusqués islamistes étaient positionnés vendredi sur les toits, notamment sur celui du marché principal, selon une journaliste de l'Agence France-Presse. Le colonel malien Amadou Samaké a confirmé la présence de tireurs embusqués dans la ville.

La mairie a été entièrement détruite, alors que le palais de justice a été éventré. À l'intérieur des édifices gisent encore les cadavres des islamistes, dont certains sont déchiquetés.

Selon le colonel Samaké, des soldats maliens ont sauté sur une mine jeudi devant la mairie.

Après avoir essuyé des tirs du toit du marché central, des soldats ont investi les lieux et évacué des dizaines d'hommes, jeunes pour la plupart. Trois sont soupçonnés d'appartenir au Mouvement pour l'unité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO).

Un soldat malien explique que la « population pose problème », car des jeunes se livrent à du pillage et les djihadistes s'infiltrent parmi eux.

Attentat-suicide à Tessalit

Des combattants de la rébellion touarègue ont été visés vendredi, près de Tessalit, par un attentat-suicide qui a fait cinq morts.

Les Touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) occupent la ville et collaborent avec l'armée française pour pourchasser les groupes islamistes.

Mohamed Ibrahim Ag Assaleh, responsable du MNLA, a accusé le MUJAO d'être à l'origine de l'attentat.

En janvier 2012, le MNLA avait lancé une offensive contre l'armée malienne dans le nord du pays, en s'alliant avec des groupes islamistes. Après la déroute de l'armée malienne, le MNLA a été évincé des villes du nord par les groupes islamistes.

Après l'intervention de l'armée française, le 11 janvier, et le retrait des groupes islamistes, le MNLA a réoccupé les villes de Kidal et de Tessalit et s'est engagé aux côtés de l'armée française pour combattre les islamistes.

Les combattants du MNLA ont refusé la présence de soldats maliens à Kidal. Il semble que c'est pour cette raison que ce sont des soldats tchadiens qui sécurisent la ville.

La crise malienne

Inquiétude du CICR

Le chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Mali et au Niger, Jean-Nicolas Marti, qualifie la situation au Mali d'« instable ».

« Contrairement à ce que certains auraient pu imaginer à la suite de la reprise des villes principales par l'armée française et par l'armée malienne, la situation n'est pas du tout stable, calme », a-t-il affirmé.

« Des dizaines de milliers de personnes ont fui leurs villes déjà avant l'intervention française, mais il y en a eu d'autres dizaines de milliers » après cette intervention, a-t-il indiqué.

Pour M. Marti, « il existe un sentiment de peur vis-à-vis des éventuelles exactions que pourraient commettre les forces de sécurité maliennes ».

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