Le monde arabe en mutation

Crise syrienne : Moscou et la Ligue arabe croient que le dialogue est en passe de s'amorcer

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Sergueï Lavrov et Nabil Al-Arabi à Moscou Sergueï Lavrov et Nabil Al-Arabi à Moscou  Photo :  AFP

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi ont fait part mercredi de leur optimisme au sujet des possibilités de dialogue entre l'opposition et le régime syrien.

« Il y a des signes d'une amorce de dialogue », a déclaré M. Lavrov. « Il est temps maintenant qu'on passe des paroles aux actes », a-t-il souligné en s'adressant au régime et à l'opposition.

Dans la foulée, M. Lavrov a confirmé la visite à Moscou du ministre syrien des Affaires étrangères Walid Al-Moualim et le chef de l'opposition syrienne Moaz Al-Khatib.

Le secrétaire général de la Ligue arabe a affirmé que son organisation accueillait favorablement l'appel au dialogue lancé par le chef de l'opposition, tout en appelant la Russie à convaincre Damas que la solution de la crise passe par la « voix pacifique ».

« Aucune des parties en conflit ne peut se permettre de miser sur une solution militaire. C'est une voie qui ne mène nulle part, une voie vers la destruction mutuelle », a déclaré pour sa part le ministre russe des Affaires étrangères.

Autre signe qui montre que les belligérants s'acheminent vers le dialogue, le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, a accepté de prolonger sa mission de six mois. Sa mission doit prendre fin vendredi.

Selon un diplomate onusien, M. Brahimi « a le sentiment que sa mission n'est pas finie ».

M. Brahimi a suggéré dimanche au Caire qu'un dialogue entre l'opposition syrienne et une délégation « acceptable » du régime de Damas se tienne dans un siège de l'ONU.

Le journal arabe Asharq al-awsat avait publié la semaine passée un document secret qu'il a présenté comme un projet d'accord entre l'opposition et le régime syrien. Ce document aurait été le fruit des discussions entre l'ONU et les belligérants.

Trêve entre rebelles et Kurdes

Les rebelles et les miliciens kurdes ont mis signé un accord de trêve après plus de trois mois de combats dans le nord de la Syrie, près de la frontière turque.

Cet accord a été signé grâce à la médiation du célèbre opposant Michel Kilo.

Les heurts entre les deux parties avaient éclaté dans la ville de Rass al-Aïn, qui comptait 55 000 habitants en majorité kurde, mais aussi des Arabes sunnites et chrétiens et des Arméniens, quand les rebelles islamistes ont voulu s'en emparer en novembre pour contrôler un poste-frontière vital pour leur passage en Syrie via la Turquie.

« L'ASL a signé au nom de tous les groupes rebelles, à l'exception du Front (jihadiste) Al-Nosra qui n'était pas engagé dans les derniers combats. Cependant Al-Nosra a participé aux discussions et a promis de ne pas violer l'accord », a précisé Michel Kilo.

Les forces du régime Al-Assad se déploient, mercredi, dans les rues d'Alep, où des combats ont lieu près de l'aéroport international. Les forces du régime Al-Assad se déploient, mercredi, dans les rues d'Alep, où des combats ont lieu près de l'aéroport international.  Photo :  AFP

L'ASL menace le Hezbollah

La guerre civile en Syrie menace d'outrepasser les frontières du pays cette semaine, puisque l'Armée libre syrienne (ALS), le principal groupe de la rébellion, averti qu'elle pourrait attaquer le Hezbollah au Liban ce jeudi.

Le général Selim Idriss, chef d'état-major de l'ASL, a lancé cet avertissement à l'Agence France Presse mercredi. Le général, qui assure qu'il détient des preuves de l'implication du Hezbollah en Syrie, a déjà accusé à plusieurs reprises le Hezbollah libanais de combattre en Syrie pour défendre le régime de son allié Bachar Al-Assad.

Or, le général Idriss estime que le Hezbollah vient de franchir une limite en commençant, dit-il, à bombarder des villages autour de Qousseir, à partir du territoire libanais. « Nous ne pouvons pas l'accepter », soutient le chef d'état-major.

« Nous avons annoncé hier que si cela ne cessait pas dans les 48 heures, l'ASL répondrait aux sources des tirs. Au terme des 48 h, c'est-à-dire jeudi, l'ASL à Qousseir répondra aux sources des tirs et nous mobiliserons aussi les combattants équipés d'armes de longue portée dans d'autres régions. » — Selim Idriss, chef d'état-major de l'ASL

En 2012, le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah avait confirmé que des membres de son parti combattaient les rebelles syriens, mais qu'ils le faisaient à titre individuel. L'armée d'Al-Assad, disait le Hezbollah, n'avait pas besoin de son aide.

Le mouvement libanais publie par ailleurs ponctuellement des communiqués annonçant la mort d'un de ses combattants dans « l'exercice de son devoir jihadiste ».

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), un organisme basé à Londres, ces Libanais trouvés morts en Syrie sont en fait des membres des Comités populaires pro-régime et ont été entraînés par le Hezbollah.

Les liens entre le Hezbollah et Al-Assad

Le Hezbollah et le régime de Bachar Al-Assad entretiennent des relations politiques et militaires depuis de nombreuses années. Avec l'Iran, ils ont constitué une alliance stratégique au Moyen-Orient, qui s'oppose à « l'hégémonie » américaine dans la région. 

La Syrie, l'Iran et le Hezbollah se définissent également comme des résistants à la politique israélienne dans les Territoires palestiniens.

Jusqu'à ces derniers mois, le chef du Hamas Khaled Mechaal était réfugié en Syrie. D'autres factions palestiniennes sont également installées à Damas.

Après la dernière attaque israélienne contre Gaza, les factions palestiniennes ont affirmé que l'Iran les a dotées d'armes, dont des missiles.

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