Le monde arabe en mutation

Démission du premier ministre de la Tunisie

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le premier ministre tunisien Hamadi Jebali lors d'une réunion avec son cabinet, mardi, à Tunis Le premier ministre tunisien Hamadi Jebali lors d'une réunion avec son cabinet, mardi, à Tunis  Photo :  AFP/FETHI BELAID

Le premier ministre de la Tunisie, Hamadi Jebali, a annoncé mardi sa démission après avoir échoué à former un gouvernement de technocrates apolitiques pour sortir le pays de la crise actuelle.

Lundi, M. Jebali avait laissé la porte ouverte à une issue prochaine de la crise et avait évoqué un possible compromis sur la composition du gouvernement.

« J'avais promis qu'en cas d'échec de mon initiative, je démissionnerais », a déclaré le chef du gouvernement lors d'une conférence de presse après un entretien avec le président Moncef Marzouki.

Hamadi Jebali avait reconnu lundi que les principaux partis politiques tunisiens n'avaient pas réussi à s'accorder sur la formation d'un nouveau gouvernement d'experts indépendants qu'il préconisait après la tourmente provoquée par l'assassinat de l'opposant de gauche Chokri Belaïd, le 6 février.

« L'échec de mon initiative ne signifie pas l'échec de la Tunisie ou l'échec de la révolution », a-t-il encore souligné, se disant toujours « convaincu » qu'un gouvernement apolitique « est le meilleur moyen pour sortir le pays de l'errance ».

Il a insisté une nouvelle fois sur l'urgence de fixer la date des prochaines élections.

Hamadi Jebali a laissé entendre que les incertitudes sur la date de ces prochaines élections législatives et l'achèvement des travaux de l'Assemblée constituante avaient contribué à l'échec des négociations.

Le parti Ennahda, principale formation politique du pays, dont est issu Hamadi Jebali, a refusé la formation d'un gouvernement d'experts en indiquant qu'il n'avait pas été préalablement consulté par le premier ministre. Le parti est accusé par de nombreux Tunisiens d'être derrière l'assassinat de Chokri Belaïd,

Par ailleurs, Mohamed Abbou, le secrétaire général du parti du président de la République, le Congrès pour la République (CPR), a déjà déclaré qu'un gouvernement de technocrates « permettrait le retour des figures de l'ancien régime » de Zine El Abidine Ben Ali, renversé par la révolution de 2011.

Selon la loi du pays, le président Moncef Marzouki  doit maintenant assigner « au candidat du parti qui a remporté le plus grand nombre de sièges de former un gouvernement. » Il s'agit ici du parti islamiste Ennahda (89 députés sur 217).

Le candidat au poste de premier ministre aura 15 jours pour former son cabinet et préparer son programme.

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