L'ex-président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo devant la CPI

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a assisté à l'audience en silence dans le fond de la salle. L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a assisté à l'audience en silence dans le fond de la salle.  Photo :  AFP

L'ancien président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, a comparu mardi matin devant la Cour pénale internationale (CPI) près de deux ans après son arrestation.

Peu après l'ouverture du procès, qui se tient à La Haye, aux Pays-Bas, les avocats de Laurent Gbagbo ont demandé à la Cour de déclarer inadmissible la cause de l'ancien président de la Côte d'Ivoire, qui est notamment accusé de meurtre, de viol et de persécution. Selon les avocats de M. Gbagbo, la CPI n'a pas l'autorité nécessaire pour juger leur client.

L'avocat Dov Jacobs a fait valoir que l'ex-président ivoirien fait déjà l'objet d'une enquête en Côte d'Ivoire pour son rôle présumé dans les violences qui ont fait des milliers de victimes dans le pays à la suite de la dernière campagne électorale et qu'il revient par conséquent aux autorités ivoiriennes d'organiser son procès.

Les juges de la CPI ont déjà statué que cette affaire est de leur juridiction. Ils peuvent cependant décider que le dossier est inadmissible si la Côte d'Ivoire fait enquête ou poursuit Laurent Gbagbo pour les mêmes crimes présumés. Le principe évoqué par les avocats de l'ex-président est qu'on ne peut être jugé deux fois pour le même crime.

Laurent Gbagbo est de son côté demeuré calme et muet, suivant les travaux de la Cour assis au fond de la salle. L'ex-président ne doit pas prendre la parole devant la Cour avant plusieurs jours.

Les faits reprochés à Laurent Gbagbo, 67 ans, auraient été commis après les élections présidentielles de novembre 2010, à la suite de la proclamation de la victoire de son adversaire Alassane Ouattara par une mission de l'ONU.

Au pouvoir depuis 10 ans, Laurent Gbagbo a refusé de quitter la présidence après cette déclaration de l'ONU. La Côte d'Ivoire a par la suite été plongée dans une grave crise politique. Plus de 3000 personnes sont mortes lors des affrontements entre les clans rivaux. De nombreux crimes, dont des massacres, des persécutions, des meurtres et des viols, ont été attribués au régime de Laurent Gbagbo pendant cette période.

L'ex-président et sa femme ont finalement été arrêtés en avril 2012 par les forces fidèles à Alassane Ouattara aidées par l'armée française, à Abidjan, capitale économique de la Côte d'Ivoire.

Laurent Gbagbo est le premier ex-chef d'État à se présenter devant la Cour pénale internationale depuis sa création, il y a dix ans.

Cette audience, qui doit s'échelonner jusqu'au 28 février prochain, doit permettre aux juges de la CPI de déterminer si la preuve présentée par les procureurs permet la tenue d'un procès contre Laurent Gbagbo pour crimes contre l'humanité.

À l'extérieur de la salle d'audience, environ 300 partisans de Laurent Gbagbo s'étaient rassemblés pour réclamer sa libération.

Des militants de droits de la personne ont applaudi le début de l'audience, tout en profitant de l'occasion pour demander à la CPI de déposer des accusations contre les partisans du président Ouattara qui auraient eux aussi participé aux violences postélectorales.

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