Équateur : Correa réélu pour un troisième mandat

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Rafael Correa Rafael Correa  Photo :  PC/Martin Jaramillo

Rafael Correa a été réélu président de l'Équateur dès le premier tour de scrutin, dimanche. Les premiers résultats officiels montrent qu'il a obtenu 56,7 % des voix contre 24 % pour son plus proche rival.

Le leader de la gauche latino-américaine de 49 ans a proclamé sa victoire affirmant que rien n'arrêterait sa « révolution » à la tête de ce pays de 15 millions d'habitants.

« Merci pour cette confiance. Nous ne vous décevrons jamais, cette victoire est la vôtre », a lancé M. Correa, depuis le balcon du palais présidentiel devant plusieurs milliers de partisans en liesse.

« Cette révolution, personne ne l'arrête. Nous sommes en train de faire l'histoire. » — Rafael Correa

Au pouvoir depuis 2007 puis réélu en 2009 après l'adoption d'une nouvelle Constitution, Rafale Correa a ainsi battu son plus proche rival, l'ancien banquier Guillermo Lasso. Ce dernier a reconnu sa défaite. « Cette nuit, je dois reconnaître le triomphe du président Rafael Correa », a-t-il dit.

Souvent comparé à son homologue vénézuélien Hugo Chavez, Rafael Correa s'est bâti l'image d'un homme proche du peuple en mettant en scène ses bras de fer avec les compagnies pétrolières ou les investisseurs de Wall Street. Il jouit notamment d'une grande popularité en raison d'une politique de redistribution de la manne pétrolière aux plus démunis.

Grâce aux richesses du sous-sol de l'Équateur, il a réformé la protection sociale en développant notamment les remboursements des frais de santé, il a fait construire des écoles et il a aussi rénové un réseau routier en décrépitude.

Premier président équatorien à avoir accompli l'intégralité de son mandat depuis 20 ans, Rafael Correa a aussi ramené la stabilité politique, selon ses partisans. Émeutes et coups d'État militaires ont eu raison de plusieurs chefs de l'État dans ce pays.

Ses opposants accusent en revanche le président de dérive autocratique. Ils lui reprochent d'étouffer toute contestation, notamment en exerçant des pressions sur les médias, et de brimer la liberté d'entreprise par le biais d'une fiscalité lourde et des changements constants de réglementation.

Regagner la confiance des investisseurs

Réélu pour un mandat de quatre ans, Rafael Correa devra aussi gagner la confiance des investisseurs qui boudent l'Équateur. En 2008, le pays a fait défaut sur 3,2 milliards de dollars de dette extérieure. En 2010, le président a contraint les compagnies pétrolières à signer de nouveaux contrats plus favorables à l'État.

En conséquence, les investissements étrangers directs ont été inférieurs à un milliard de dollars par an. À titre de comparaison, le Pérou et la Colombie voisins ont respectivement reçu 7,7 et 13 milliards de dollars en 2011.

Les Équatoriens devaient aussi renouveler leur Parlement ce dimanche. Le parti du président, l'Alianza Pais, espère décrocher plus de la moitié des sièges, contre 42 % actuellement.

Correa appelle à trouver une « solution rapide » pour Assange

Le président d'Equateur, Rafael Correa, aussitôt réélu, a appelé à trouver une « solution rapide » pour le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, immobilisé depuis huit mois dans son ambassade à Londres.
Le cyber-militant australien de 41 ans, poursuivi en Suède pour une affaire de viol qu'il nie, s'est réfugié dans l'ambassade équatorienne de Londres, redoutant d'être extradé à terme aux Etats-Unis, et d'y encourir la peine de mort pour avoir publié des milliers de câbles diplomatiques confidentiels.
M. Correa, l'un des leaders de la gauche latino-américaine, lui a accordé l'asile politique l'été dernier mais la Grande-Bretagne, qui entend appliquer le mandat d'arrêt suédois, a prévenu que M. Assange serait interpellé s'il quitte la représentation diplomatique.

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