Élections en Équateur : Correa lorgne un nouveau mandat

Radio-Canada avec Associated Press et Reuters
Rafael Correa, président de l'Équateur, le 7 mai 2011 Rafael Correa, président de l'Équateur  Photo :  AP/Dolores Ochoa

Rafael Correa devrait être réélu président de l'Équateur dès le premier tour de scrutin ce dimanche, où plus de 11 millions d'électeurs sont appelés aux urnes.

Au pouvoir depuis 2007 puis réélu en 2009 après l'adoption d'une nouvelle Constitution, il bénéficie en outre des divisions de l'opposition, qui présente sept candidats différents. Le président sortant jouit d'une grande popularité acquise par une politique de redistribution de la manne pétrolière en faveur des plus démunis.

Rafael Correa est crédité de 62 % des intentions de vote alors que son plus proche rival, l'ancien banquier Guillermo Lasso, ne recueille qu'entre 9 et 15 %, selon les plus récents sondages.

Pour éviter un second tour, le chef de l'État sortant doit obtenir au moins 50 % des voix ou 40 % et 10 points d'avance sur le candidat arrivé en deuxième position.

Représentant de la gauche latino-américaine désormais installée au pouvoir dans plusieurs pays, Rafael Correa (souvent comparé à son homologue vénézuélien Hugo Chavez) s'est bâti l'image d'un homme proche du peuple en mettant en scène ses bras de fer avec les compagnies pétrolières ou les investisseurs de Wall Street.

Grâce aux richesses du sous-sol de l'Équateur, il a réformé la protection sociale en développant notamment les remboursements des frais de santé, il a fait construire des écoles et il a aussi rénové un réseau routier en décrépitude.

Premier président équatorien depuis 20 ans à accomplir l'intégralité de son mandat, Rafael Correa, 49 ans, est aussi crédité par ses partisans d'avoir ramené la stabilité politique dans leur pays, où émeutes et coups d'État militaires ont eu raison de plusieurs chefs de l'État.

Ses opposants accusent en revanche le président de dérive autocratique. Ils lui reprochent d'étouffer toute contestation, notamment en exerçant des pressions sur les médias, et de brimer la liberté d'entreprise par le biais d'une fiscalité lourde et des changements constants de réglementation.

Si Rafael Correa est réélu pour un mandat de quatre ans, il lui restera à gagner la confiance des investisseurs qui boudent l'Équateur. En 2008, le pays a fait défaut sur 3,2 milliards de dollars de dette extérieure. En 2010, le président a contraint les compagnies pétrolières à signer de nouveaux contrats plus favorables à l'État.

En conséquence, les investissements étrangers directs ont été inférieurs à un milliard de dollars par an. À titre de comparaison, le Pérou et la Colombie voisins ont respectivement reçu 7,7 et 13 milliards de dollars en 2011.

Les Équatoriens doivent aussi renouveler leur Parlement monocaméral ce dimanche. Le parti du président, l'Alianza Pais, espère décrocher plus de la moitié des sièges, contre 42 % actuellement.

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