Corée du Nord : Le Conseil de sécurité se réunit d’urgence

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des passagers regardent la télévision annonçant l'essai nucléaire nord-coréen dans une gare de la capitale sud-coréenne Séoul. Des passagers regardent la télévision annonçant l'essai nucléaire nord-coréen dans une gare de la capitale sud-coréenne Séoul.  Photo :  AFP/KIM JAE-HWAN

Le Conseil de sécurité de l'ONU a entamé des consultations d'urgence à huis clos pour examiner la réponse à donner au troisième essai nucléaire de la Corée du Nord. Il s'agit d'« une violation claire et grave des résolutions du Conseil de sécurité », selon le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Celui-ci se dit convaincu « que le Conseil de sécurité restera uni et prendra les mesures appropriées », a-t-il souligné.

Pour sa part, le Canada a joint sa voix au concert de réprobation de l'essai nucléaire nord-coréen.

« L'attitude irresponsable du régime nord-coréen à l'égard de la volonté mondiale est de nouveau mise en évidence

Cet essai - le troisième que mène la Corée du Nord - est un signe de provocation et constitue un geste malavisé ainsi qu'une grave menace pour la stabilité et la sécurité de la région.

Ce qui rend de telles actions encore plus inadmissibles réside dans le fait que le peuple nord-coréen meurt de faim et est privé de sa dignité humaine fondamentale, au moment même où le régime de Pyongyang gaspille des ressources limitées.

Alors que nous avions espéré que la disparition du dictateur Kim Jong-il aurait fermé un triste chapitre de la Corée du Nord, nous sommes déçus que son fils ait continué le chemin irresponsable de privilégier les armes au détriment du bien-être de ses citoyens.

Le Canada travaillera avec ses partenaires de la communauté internationale à l'adoption de mesures et de sanctions appropriées contre le régime voyou de la Corée du Nord. »

Communiqué du ministre des Affaires étrangères du Canada, John Baird.

La Corée du Nord a effectué mardi un essai nucléaire sous-terrain dans le nord-est du pays, que Pyongyang qualifie de « réussi », le troisième depuis 2006.

La bombe utilisée pour ce test était un engin « miniaturisé », a annoncé l'agence officielle du pays KCNA, ajoutant que « ce test nucléaire de haut niveau avait, contrairement à ceux du passé, plus de puissance explosive. »

L'utilisation d'un engin miniaturisé est source d'inquiétude pour les puissances internationales, car elle laisse entendre que Pyongyang maîtrise désormais la délicate technologie permettant de fabriquer une bombe suffisamment petite pour être fixée sur une ogive.

Jusqu'à présent, l'incertitude demeurait sur la capacité du régime communiste à développer une tête nucléaire pour missile à longue portée.

Le régime communiste de Kim Jong-un a affirmé que le test avait été réalisé de manière sécuritaire et qu'il visait à faire face à « l'hostilité scandaleuse des États-Unis, qui mine le droit pacifique et souverain de la Corée du Nord de lancer des satellites. »

L'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) a signalé une secousse tellurique mardi à 10 h 57, heure locale (01h57 GMT), d'une magnitude située entre 4,9 et 5,1, localisée à un kilomètre de profondeur dans ce pays qui ne connaît pas habituellement d'activité sismique.

Le séisme en Corée du nord pourrait provenir d'une explosion nucléaire de 7 à 10 kilotonnes, soit moins de la moitié de celle tombée sur Hiroshima en 1945.

Le sismologue Chi Heoncheol, du Korean Institute of Geoscience and Mineral Resources, a rappelé que la région avait été frappée par des séismes de magnitude 3,9 et 4,5 après que la Corée du Nord eut procédé à des essais nucléaires en 2006 et en 2009.

Un tableau présentant les essais nucléaires de Pyongyang devant l'ambassade nord-coréenne à Pékin, en Chine. Un tableau présentant les essais nucléaires de Pyongyang devant l'ambassade nord-coréenne à Pékin, en Chine.  Photo :  Andy Wong

Pyongyang avait prévenu fin janvier qu'il entendait procéder à un nouvel essai nucléaire. La Corée du Nord avait indiqué prévoir cet essaien réponse aux sanctions élargies de l'ONU après le lancement d'une fusée, début décembre, considérée par Washington comme un missile balistique.

Fait rare, la Chine avait mis en garde son voisin, dont elle est le seul allié de poids, contre un troisième essai nucléaire.

Les résolutions 1718 et 1874 du Conseil de sécurité des Nations unies, votées respectivement en 2006 et en 2009, interdisent à la Corée du Nord de développer une technologie nucléaire et balistique.

Les réactions à l'essai nucléaire

- Barack Obama estime que cet essai nucléaire « provocateur constitue une menace pour nous pour la paix et la sécurité internationales. » Le président américain a par ailleurs appelé à une action internationale « rapide et crédible. » Barack Obama ajoute que « les États-Unis continueront également de prendre les mesures nécessaires pour se défendre et défendre nos alliés. Nous allons renforcer l'étroite coordination avec nos alliés et partenaires. Loin d'atteindre le but affiché de devenir un pays fort et prospère, la Corée du Nord s'est au contraire de plus en plus isolée et a appauvri son peuple en recherchant à mauvais escient à se doter d'armes de destruction massive et de leurs vecteurs. »

- Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague « condamne fermement » l'essai nucléaire, et ajoute que « Londres entame immédiatement des consultations avec ses partenaires du conseil de sécurité pour mettre en place une réponse claire et marquée » à l'essai nord-coréen.

- Le président français François Hollande « condamne avec la plus grande fermeté l'essai nucléaire et demande une action ferme du conseil de sécurité de l'ONU. » La France « exhorte de nouveau la Corée du Nord à se conformer sans délai à ses obligations internationales et à procéder à un démantèlement complet, vérifiable et irréversible de ses programmes nucléaire et balistique. »

- Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a condamné le nouvel essai nucléaire de la Corée du Nord et plaidé pour de nouvelles sanctions de l'ONU contre ce pays, dans un communiqué. « De nouvelles sanctions contre le régime de Pyongyang doivent être maintenant envisagées », a-t-il déclaré, en saluant la tenue d'une réunion en urgence du Conseil de sécurité de l'ONU pour examiner la façon de réagir à ce test qui contrevient aux résolutions des Nations Unies.

- « L'Union européenne condamne dans les termes les plus forts possibles le dernier essai nucléaire effectué par la Corée du Nord, qui est un nouveau défi flagrant au régime global de non-prolifération et une violation caractérisée des obligations internationales de Pyongyang », a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

- L'OTAN « condamne dans les termes les plus forts l'essai nucléaire effectué par la Corée du Nord en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. »

- Moscou le « condamne résolument », et affirme que « Pyongyang doit cesser ses activités illégales. »

- La Chine redit sa « ferme opposition » à ce tir nucléaire.

- Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon estime qu'il s'agit d'une « violation grave et déplorable » des résolutions du conseil de sécurité, un geste « profondément déstabilisateur ».

- La présidence sud-coréenne a réuni son conseil de sécurité nationale en urgence, et l'armée a relevé son niveau d'alerte.

- Le premier ministre du Japon, Shinzo Abe, juge « extrêmement regrettable » le geste de Pyongyang. Cet essai « viole une série de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU. C'est extrêmement regrettable et nous allons protester fermement », a déclaré M. Abe. Le gouvernement japonais a tenu une réunion d'urgence sur le sujet. « J'ai ordonné aux ministres de collecter et analyser les informations, tout en renforçant le système de surveillance », a déclaré juste après M. Abe au Parlement. Le ministère de la Défense a indiqué à ce sujet qu'il allait procéder à des mesures sur une possible contamination de l'air par des radiations.

- Téhéran affirme « désapprouver l'essai nord-coréen et vouloir un monde sans arme nucléaire. »
Le président nord coréen Kim-Jong-un lors d'une parade militaire le 15 avril 2012 Le président nord coréen Kim-Jong-un lors d'une parade militaire le 15 avril 2012

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