Le pape François succède à Benoît XVI

Le successeur de Benoît XVI connu fin mars

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le pape Benoit XVI : sa vie, son pontificat

Le Vatican a annoncé que le successeur du pape Benoît XVI sera désigné avant la fin du mois de mars prochain. La renonciation annoncée du pape pour le 28 février permettra au conclave, l'assemblée des cardinaux, de se réunir dans les jours qui suivront ce départ, puisque la période de deuil suivant la mort d'un pape ne sera pas nécessaire.

« Nous devrions avoir un nouveau pape pour Pâques », a déclaré lors d'un point de presse le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, ajoutant qu'un conclave devrait être organisé dans les 15-20 jours suivant la renonciation.

Certains fidèles espèrent l'élection d'un nouveau pape pour le début de la semaine sainte, le 24 mars prochain. Le nouveau pape pourrait ainsi présider aux cérémonies et célébrations de la fête de Pâques.

Le doyen du Collège des cardinaux, Angelo Sodano, assurera la transition le 28 février prochain, à partir de 20 h. M. Sodano dirigera ainsi l'Église catholique en attendant l'élection d'un nouveau pape.

Tous les cardinaux de moins de 80 ans sont des cardinaux électeurs. Ils se réuniront en conclave dans la chapelle Sixtine afin d'élire un nouveau pape. Les bulletins de vote sont brûlés après chaque tour de scrutin. Une fumée noire s'échappe de la cheminée du Vatican quand aucun successeur n'a été élu et une fumée blanche indique qu'un nouveau pape est élu.

La majorité des cardinaux électeurs ont été élus sous le règne de Jean-Paul II et quelques-uns sous Benoît XVI. Les cardinaux canadiens Jean-Claude Turcotte, Thomas Collins et Marc Ouellet pourront voter lors du conclave.

Un conclave plus long

Le cardinal québécois Jean-Claude Turcotte entrevoit un conclave plus long que celui qui a élu le cardinal Josef Ratzinger en 2005. Il soutient qu'après le règne de 27 ans de Jean-Paul II, il était certain que l'Église était pour se doter d'un pape de transition. « Nous avons eu l'homme de transition. C'est sûr que celui qui sera élu sera un peu plus jeune. Probablement aussi que le conclave sera un peu plus long à se décider. Pas parce qu'il y aura des jeux de coulisses - je n'en ai pas senti lors de l'élection de Ratzinger - même si on en discute entre nous. Nous sommes là pour effectuer une tâche.

« Je dis à la blague que je vais apporter une valise un peu plus grosse cette fois-ci que la dernière fois. » — Jean-Claude Turcotte

Comment est élu un pape? Voir notre animation.

Bien que l'élection d'un nouveau pape soit de nature politique pour les non croyants, elle demeure l'oeuvre du Saint-Esprit, de dieu pour les cardinaux. « Le plus important c'est que l'homme qui soit là, soit un homme de Dieu », explique le cardinal Jean-Claude Turcotte. « C'est rôle spirituel avant d'être politique ou économique ou ce que vous voudrez. »

« On fait beaucoup plus de prières que de discussions, poursuit M. Turcotte. On se demande lequel rendrait le plus de services à l'Église. »

Le successeur de Benoît XVI aura à « mettre l'emphase sur une révision de l'Église pour une adaptation plus grande au monde moderne », explique M. Turcotte. « L'Église est une vieille boutique », poursuit-il en suggérant que l'institution aura besoin de s'adapter. « Nous sommes des hommes d'un autre siècle », a plaisanté M. Turcotte en parlant de lui et du pape Benoît XVI.

M. Turcotte souligne qu'il est impossible que des cardinaux se lancent dans une sorte de campagne électorale. « Non, c'est défendu de faire du lobbying. Ça ne veut pas dire que les autres n'en font pas pour pousser [le candidat de leur choix] », explique M. Turcotte. Sans qualifier l'exercice de jeu de coulisses, M. Turcotte souligne qu'il « est possible qu'il y ait une espèce de lutte entre des gens plus conservateurs et d'autres, un peu plus ouverts. Un troisième peut se faufiler [à la faveur de la lutte à deux]. »

Un pape non Européen?

Près de la moitié des cardinaux électeurs proviennent d'Europe, bien que la population de ce continent ne représente que 25 % des fidèles catholiques romains de la planète. L'Amérique du Sud, de son côté, représente 42 % des 1,2 milliard de catholiques romains.

Certains cardinaux soutiennent que l'Église pourrait être mûre pour élire son premier pape non européen. « Je connais plusieurs évêques et cardinaux d'Amérique latine qui pourraient prendre la responsabilité de l'Église universelle », a déclaré l'archevêque Gerhard Mueller, qui a succédé au cardinal Joseph Ratzinger à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi.

Les principaux candidats de l'Amérique latine sont l'archevêque de Sao Paolo, Odilo Scherer, et l'Italo-Argentin Leonardo Sandri, qui dirige le département des Églises d'Orient au Vatican.

Si le Collège des cardinaux venait à pencher du côté de l'Afrique, le Ghanéen Peter Turkson, qui dirige le département de la Justice et de la Paix au Vatican, serait l'un des favoris.

En Europe, les têtes d'affiche sont le cardinal Angelo Scola, qui est archevêque de Milan, et le cardinal Christoph Schoenborn, archevêque de Vienne.

Le Canadien Marc Ouellet est également pressenti.

Les cardinaux susceptibles de devenir le prochain pape. Rangée du haut: Claudio Hummes (Brésil), Oscar A. R. Maradiaga (Honduras), Jorge M. Bergoglio (Argentine), Norberto R. Carrera (Mexique), Joao B. de Aviz (Brésil), Luis A. Tagle (Philippines) et Peter Turkson (Ghana). Rangée du bas: Cristoph Schonborn (Autriche), Peter Erdoe (Hongrie), Angelo Scola (Italie), Marc Ouellet (Canada), Francis Arinze (Nigeria), John Onaiyekan (Nigeria) et Timothy Dolan (É.-U.) Les cardinaux susceptibles de devenir le prochain pape. Rangée du haut: Claudio Hummes (Brésil), Oscar A. R. Maradiaga (Honduras), Jorge M. Bergoglio (Argentine), Norberto R. Carrera (Mexique), Joao B. de Aviz (Brésil), Luis A. Tagle (Philippines) et Peter Turkson (Ghana). Rangée du bas: Cristoph Schonborn (Autriche), Peter Erdoe (Hongrie), Angelo Scola (Italie), Marc Ouellet (Canada), Francis Arinze (Nigeria), John Onaiyekan (Nigeria) et Timothy Dolan (É.-U.)  Photo :  AFP/Montage AFP

Les cardinaux papables - « Papabili »

Marc Ouellet - Canada, 68 ans
Il est le préfet de la congrégation pour les évêques, une sorte de directeur de personnel du Vatican. Il a déjà déclaré que devenir pape « serait un cauchemar ». Le fort sécularisme du Québec constitue un avantage ou un désavantage selon les experts consultés.

Gianfranco Ravasi - Italie, 70 ans
Il est le « ministre de la Culture » du Vatican depuis 2007 et il représente l'Église dans les mondes des arts, de la science et de la culture.

Leonardo Sandri - Argentine, 69 ans
Né à Buenos Aires de parents italiens, M. Sandri a été nommé cardinal en 2007. Il occupe le troisième poste au sein du Saint-Siège soit celui de secrétaire général du Vatican. Il est toutefois dépourvu d'expérience pastorale.

Odilo Pedro Scherer - Brésil, 63 ans
L'un des plus sérieux candidats d'Amérique latine. Il est archevêque de Sao Paolo, au Brésil, le pays qui compte le plus de catholiques.

Christoph Schönborn - Autriche, 67 ans
Ancien étudiant de Benoît XVI, l'archevêque de Vienne a publié de nombreux ouvrages depuis le « catéchisme de l'Église » en 1992. Certaines prises de position prudemment réformistes et une forte opposition de la part de certains prêtres autrichiens pourraient cependant l'handicaper.

Angelo Scola - Italie, 71 ans
Archevêque de Milan, il serait le favori de nombreux cardinaux italiens. Expert en bioéthique, il connaît aussi l'islam en tant que président d'une fondation pour la promotion de l'entente entre musulmans et chrétiens.

Luis Tagle - Philippines, 55 ans
Il est un proche de Benoît XVI avec qui il a travaillé au sein de la Commission théologique internationale. Il possède un certain charisme souvent comparé à celui de Jean Paul II, mais il n'est devenu cardinal que l'an dernier et sa relative jeunesse pourrait lui nuire.

Peter Turkson - Ghana, 64 ans
Il est le candidat africain le plus en vu. Il est le président du conseil pontifical « justice et paix ». Il est le porte-parole de la conscience sociale de l'Église et se dit favorable à une réforme du monde financier.

Le conclave compte présentement 118 cardinaux électeurs dont 4 auront 80 ans - seuls les cardinaux de moins de 80 ans peuvent voter - d'ici la fin mars. Ils pourraient être exclus du processus décisionnel. Une majorité des deux tiers est requise pour qu'un nouveau pape soit élu.

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