Le monde arabe en mutation

Tunisie : les islamistes manifestent

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le compte rendu d'Alexandra Szacka

Alors que les islamistes manifestaient dans les rues de Tunis, samedi, le premier ministre tunisien a menacé de démissionner s'il ne réussissait pas à former un gouvernement avant le milieu de la semaine prochaine.

En conflit déclaré avec son propre parti, Ennahda, le premier ministre Hamadi Jebali a encore une fois indiqué qu'il cherchait à former un « gouvernement de technocrates », si besoin sans « l'aval de l'Assemblée nationale constituante ».

« Tous les ministres seront des indépendants, y compris à l'Intérieur, la Justice et aux Affaires étrangères », a déclaré M. Jebali à la chaîne d'informations France 24.

Il a ajouté avoir pris cette décision « sans consulter les partis politiques » le jour de l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd « de crainte que le pays ne bascule dans le chaos et l'irrationnel ».

Chokri Belaïd, un responsable de l'opposition laïque en Tunisie, a été abattu devant son domicile, mercredi à Tunis. Il est décédé à l'hôpital après avoir été atteint par quatre balles tirées dans la tête et dans la poitrine. À la suite de cet assassinat, des affrontements ont eu lieu entre la police et des manifestants, plongeant le pays dans la tourmente. Un policier a été tué lors des heurts. Les funérailles de Chokri Belaïd ont pris l'allure d'une manifestation contre le pouvoir islamiste en place.

Contre-manifestation

Quelque 3000 personnes ont manifesté à Tunis à l'appel d'Ennahda, au lendemain de l'enterrement de l'opposant. Le rassemblement avait pour mot d'ordre « la défense de la légitimité de l'Assemblée nationale constituante », une réponse directe à Hamadi Jebali.

Le vice-président du parti islamiste, Abdelhamid Jelassi, a affirmé que « le premier ministre n'avait pas demandé l'opinion des membres de son parti avant d'annoncer la dissolution du gouvernement. « Nous, au sein du parti, pensons que la Tunisie doit avoir un gouvernement de politiciens tout de suite », a-t-il ajouté.

Ennahda dispose de 89 des 217 sièges de l'Assemblée nationale constituante.

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