La crise malienne

Mali : la riposte des islamistes

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Une colonne de chars français se dirige vers Gao. Une colonne de chars français se dirige vers Gao.  Photo :  AFP/PASCAL GUYOT

L'explosion d'une mine qui a provoqué la mort de quatre civils maliens sur la route entre Douentza et Gao semble confirmer le propos du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian qui a reconnu qu'il s'agit d'« une véritable guerre (...) quand on s'éloigne du centre des villes ».

Les islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un des groupes islamistes pourchassés par les troupes franco-maliennes, a revendiqué jeudi l'attentat qui a eu lieu mercredi.

« Nous avons réussi à créer une nouvelle zone de conflit, à organiser des attaques de convois et organiser des kamikazes », a déclaré dans un communiqué le porte-parole du Mujao, Abu Walid Sahraoui.

Le Mujao a prévenu les citoyens dans le même communiqué de ne pas emprunter les grands axes routiers en raison du danger « de champs de mines ».

L'explosion de mercredi a été confirmée par un officier de la gendarmerie de Douentza, à 800 km au nord-est de Bamako. Les victimes étaient des civils qui revenaient d'un marché hebdomadaire.

Le 31 janvier, deux soldats maliens avaient déjà été tués dans une explosion, sur la même route.

Douentza avait été reprise le 21 janvier par les soldats français et maliens et Gao, la plus grande ville du nord du pays, le 26 janvier.

Les raids aériens se poursuivent

L'aviation française poursuit ses raids dans la région de Kidal, notamment dans le massif d'Ifoghas près des frontières algériennes, où se seraient retranchés les groupes islamistes.

La situation à Kidal est différente des autres villes « libérées » du Nord Mali. Dans cette ville, l'armée française contrôle seulement l'aéroport, tandis que ce sont les rebelles touaregs et des islamistes, dissidents d'Ansar Dine, qui contrôlent la cité. 1800 soldats tchadiens « sécurisent » la ville.

Explosifs à Gao

Les soldats maliens ont découvert des caches d'armes à Gao, notamment de puissants explosifs industriels. Les explosifs de type Nitram 5 étaient cachés dans des sacs de riz laissés dans un dépotoir communautaire.

Des soldats maliens ont découvert également des grenades dans un édifice ainsi que des laboratoires improvisés.

À Tombouctou, des civils ont remis mercredi aux autorités des dizaines d'armes et de munitions abandonnées par les troupes maliennes qui fuyaient l'avancée des rebelles.

La prolifération des armes à Tombouctou est un danger réel pour les civils, a estimé un responsable.

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Coût de l'intervention française

L'intervention militaire française au Mali a coûté 70 millions d'euros (94 millions de dollars) à ce jour, a déclaré mercredi soir le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian lors d'une audition parlementaire fermée à la presse, selon le journal français Le Parisien.

Une information confirmée jeudi matin par le ministre des Affaires étrangères. « Ça représente un gros effort pour la France, il faut le souligner, bien sûr », a déclaré Laurent Fabius.

Le quotidien précise que 50 millions d'euros (68 millions de dollars) ont été dépensés pour transporter les soldats et leur équipement en Afrique. L'intervention aurait coûté 2,7 millions d'euros (3,6 millions de dollars) par jour.

Le budget annuel pour les opérations extérieures de la France est de 630 millions d'euros (850 millions de dollars).

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