Le monde arabe en mutation

Égypte : deux manifestants tués au Caire

Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se poursuivent près de la place Tahrir, au Caire. Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre se poursuivent près de la place Tahrir, au Caire.  Photo :  AFP/MOHAMMED ABED

Deux manifestants ont été tués par des balles de plomb mercredi près de la place Tahrir au Caire, a annoncé un responsable, alors que la crise se poursuivait pour la septième journée consécutive dans la capitale égyptienne et dans d'autres grandes villes du pays.

Plus de 60 personnes ont perdu la vie dans les manifestations et les affrontements qui ébranlent le pays depuis une semaine.

Les violences ont commencé la semaine dernière au Caire, à la veille du deuxième anniversaire de la révolution qui a renversé le président Hosni Moubarak. Les troubles se sont ensuite répandus dans tout le pays, particulièrement dans les villes du canal de Suez, dont Port-Saïd, qui s'est déclarée en rébellion contre le gouvernement du président Mohamed Morsi.

En réaction, le président Morsi a déclaré l'état d'urgence pour 30 jours et un couvre-feu nocturne à Port-Saïd, Suez, Ismaïlia et dans les provinces environnantes.

Mais chaque soir depuis que ces mesures sont entrées en vigueur, des dizaines de milliers de personnes défient le couvre-feu et organisent des rassemblements et des marches contre le président Morsi et le mouvement des Frères musulmans dont il est issu.

L'un des leaders de l'opposition libérale, Mohamed ElBaradeï, a appelé mercredi à un dialogue national avec le gouvernement islamiste, les salafistes ultraconservateurs et la puissante armée pour mettre fin aux violences.

Pour un gouvernement d'union nationale

Le parti salafiste Al-Nour a présenté son plan pour résoudre la crise. Les dirigeants du parti se sont entretenus mercredi avec les responsables du Front national du salut, dirigé par M. ElBaradeï. Les deux camps se sont entendus pour faire pression sur le président Morsi afin qu'il forme un gouvernement d'union nationale et qu'il s'engage à modifier certaines parties de la Constitution controversée.

Le chef d'Al-Nour, Younis Makhyoun, a déclaré devant les journalistes après la rencontre que l'Égypte ne devait pas être dirigée « par une seule faction » et qu'il devait y avoir « un réel partenariat dans la prise de décisions et l'administration ».

« Nous sommes considérés comme des islamistes, et nous sommes issus du courant islamiste, mais quand il s'agit de la réconciliation nationale, nous devons être neutres », a-t-il dit. « L'Égypte appartient à tous les Égyptiens. »

Le chef du parti libéral Wafd, Sayyed Badawi, a affirmé devant les journalistes qu'Al-Nour avait présenté un plan de sortie de crise sérieux avec un échéancier clair, et que le Front national du salut l'avait accueilli favorablement.

Fin de non-recevoir du président Morsi

Mais le président Morsi a écarté la possibilité de former un gouvernement d'union nationale et a tenté de minimiser la gravité de la plus récente explosion de violence.

Ce qui se passe actuellement en Égypte est naturel dans les pays qui font l'expérience de la transition vers la démocratie », a-t-il dit mercredi, lors d'une brève visite en Allemagne.

« Les nations ont besoin de temps pour se stabiliser, et dans certains pays, cela a pris plusieurs années. Cela ne fait que deux ans en Égypte, et si Dieu le veut, les choses se stabiliseront bientôt. » — Le président égyptien Mohamed Morsi

M. Morsi a indiqué que des élections parlementaires auraient lieu dans trois ou quatre mois et que le scrutin mènerait nécessairement à la formation d'un nouveau gouvernement.

Associated Press

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