Pauline Marois en Écosse : son homologue ne veut pas faire de vagues

Le compte rendu de Sébastien Bovet

Au terme d'une rencontre de 45 minutes mardi à Édimbourg, la première ministre Pauline Marois et le premier ministre écossais Alex Salmond ont souhaité dans une déclaration commune collaborer sur les questions d'énergie propre et de la lutte contre les changements climatiques.

Ils ont également exprimé leur volonté de resserrer les liens commerciaux entre les deux États.

Par ailleurs, ils ont souligné que seuls les peuples du Québec et de l'Écosse décideront de leurs destinées respectives.

M. Salmond, qui qualifie son tête-à-tête avec Mme Marois de visite de courtoisie, refuse que des images de la rencontre soient prises. De plus, le chef du Parti national écossais n'émettra aucun commentaire sur le déroulement de cette rencontre. 

Les journalistes québécois n'ont pas pu rencontrer M. Salmond.

Une telle discrétion soulève des questionnements sur l'étroitesse des liens qui unissent les deux gouvernements et sur l'importance que M. Salmond accorde à sa rencontre avec Mme Marois. Les deux chefs de gouvernement poursuivent pourtant le même objectif, soit l'indépendance politique de leur État.

Mme Marois ne se formalise toutefois pas de l'accueil de M. Salmond. « Je sais que les journalistes ne peuvent entrer au Parlement et on doit voir [le premier ministre Salmond] au Parlement parce qu'il y a un vote, alors, quant à moi, c'est la visite telle qu'elle était prévue », a déclaré Mme Marois à son arrivée au Parlement pour sa rencontre avec M. Salmond.

Pendant ce temps au Québec, l'opposition officielle dénonce cette rencontre. Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Jean-Marc Fournier, affirme que le Qubec n'a pas à se mêler du débat écossais au Royaume-Uni. Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qualifie ce voyage d'échec étant donné que M. Salmond a refusé de s'afficher avec Pauline Marois. « La première ministre du Québec devrait être en train de démarcher des nouveaux investissements privés au Québec et non pas d'essayer de faire des spectacles sur la souveraineté », a déclaré M. Legault.

Objectif 2014

M. Salmond tiendra un référendum sur l'avenir de l'Écosse au sein du Royaume-Uni à l'automne 2014. L'option indépendantiste ne recueille toutefois que 30 % des appuis au sein de la population écossaise.

En minimisant le rayonnement de la visite de Mme Marois, l'Écosse souhaite éviter, notamment, de s'aliéner les liens historiques qui l'unissent au Canada. De plus, s'afficher avec la chef d'un parti qui a perdu deux référendums sur l'indépendance peut s'avérer contre-productif pour M. Salmond.

Le cabinet de M. Salmond soutient que le premier ministre fait preuve de la même discrétion à l'égard des autres mouvements indépendantistes comme celui de la Catalogne.

Les débats qui ont actuellement cours en Écosse rappellent ceux qui ont eu lieu au Québec dans les mois précédant le référendum de 1995. Le libellé de la question soulève le débat tout comme le partage de la dette du Royaume-Uni et la présence du pays sur la scène internationale. Les deux partis tentent de s'entendre sur une formulation de la question référendaire qui évitera de placer une option sous un jour plus positif que son contraire. 

Outre M. Salmond, Mme Marois doit rencontrer la vice-présidente du Parlement écossais, Elaine Smith, la chef de l'opposition du Parti travailliste, Johann Lamont, et la directrice du regroupement Festivals Edimburgh, Faith Liddell.

La chef péquiste rentrera au Québec mercredi.

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