Incendie dans une discothèque au Brésil : quatre personnes arrêtées

Radio-Canada avec Associated Press et Reuters
Le compte rendu de notre collaborateur sur place, Serge Boire

Tandis que les premières funérailles des victimes de l'incendie d'une discothèque au Brésil ont lieu dans la ville de Santa Maria, les deux propriétaires de l'établissement et deux membres du groupe de musique qui animait la soirée ont été arrêtés de manière préventive par la police.

Ces quatre personnes avaient déjà été entendues dimanche, puis relâchées. Aucune charge n'a pour l'instant été retenue contre elles, mais les enquêteurs affirment qu'elles peuvent rester en garde à vue pendant cinq jours.

Les pompiers ont affirmé que le permis de la discothèque Kiss n'était plus valable depuis le mois d'août. L'établissement s'est toutefois défendu par l'entremise de ses avocats, assurant que « tout était en règle ».

Le groupe de musiciens qui se produisait sur scène est à l'origine du désastre. L'un des chanteurs a allumé un feu de Bengale, qui a mis le feu au plafond. L'incendie s'est rapidement propagé au reste de l'édifice, provoquant la panique et la bousculade dans la foule. Le plus jeune des six membres du groupe, un jeune homme de 20 ans, a par la suite péri dans l'incendie.

« Tout s'est passé très vite », a expliqué Taynne Vendrusculo, une rescapée. « La panique et l'incendie se sont propagés rapidement, une affaire de secondes ».

Les funérailles de Vinicius Rosado tué dans l'incendie de Santa Maria au Brésil. Les funérailles de Vinicius Rosado tué dans l'incendie de Santa Maria au Brésil.  Photo :  PC/Felipe Dana

L'incendie a tué 233 jeunes et fait 131 blessés. Une cinquantaine de victimes seront enterrées lundi, alors que débute un deuil national de trois jours. Les victimes ont péri asphyxiées ou piétinées dans la cohue, a précisé le commandant Gerson da Rosa Ferreira, de la police militaire brésilienne.

Ana Paula Muller, une étudiante de 19 ans en génie civil, raconte pour sa part qu'elle s'est frayé un chemin vers la sortie après avoir vu le feu prendre au plafond. « Plus ou moins à la moitié du chemin vers la sortie, j'ai regardé derrière moi. Tout était noir de fumée. Je suis tombée, mais j'ai réussi à me relever. J'ai vu d'autres personnes tomber. Mais dans un tel moment de panique, personne ne pense aux autres », dit la jeune femme qui a perdu deux amis dans le drame.

Une porte de sortie bloquée

Des pompiers combattent l'incendie dans une discothèque de Santa Maria au Brésil. Des pompiers combattent l'incendie dans une discothèque de Santa Maria au Brésil.  Photo :  AFP/Germano Roratto

L'évacuation a été compliquée parce que de nombreuses voitures étaient garées devant la porte de l'établissement et qu'une des sorties de secours était fermée.

Le chef des pompiers, Guido de Melo, a expliqué que la sécurité de l'établissement, inconsciente de la gravité de la situation, a dans un premier temps bloqué la sortie des clients pour s'assurer qu'ils payaient leurs consommations : « C'est cela qui a causé un grand mouvement de panique ».

Pour essayer de sauver le plus de gens possible, les pompiers, aidés de passants, ont défoncé les murs à coup de masse et d'outils divers.

À la fin de la journée, tous les corps avaient été retirés de l'intérieur de la discothèque. L'établissement a été mis sous scellés pour les besoins de l'enquête, ont expliqué les policiers.

Les funérailles d'une des 233 victimes de l'incendie de Santa Maria Les funérailles d'une des 233 victimes de l'incendie de Santa Maria  Photo :  AFP/Felipe Dana

Les corps des victimes ont été conduits au Centre sportif municipal de Santa Maria, où les familles entraient par groupes pour identifier leurs proches.

La présidente du pays, Dilma Rousseff, a écourté une visite au Chili pour regagner le Brésil après la tragédie et se rendre sur les lieux de la catastrophe.

Les autorités ont lancé un appel au calme et demandé aux familles d'apporter des photos des jeunes pour faciliter leur identification. Les autorités demandent aussi à la population de donner du sang.

Située au sud du Brésil, près des frontières de l'Argentine et de l'Uruguay, Santa Maria est une importante ville universitaire de près de 250 000 habitants.

Des militaires tirent des salves de fusil lors de l'enterrement d'un des leurs, à Santa-Maria au Brésil. Des militaires tirent des salves de fusil lors de l'enterrement d'un des leurs, à Santa-Maria au Brésil.  Photo :  AFP/JEFFERSON BERNARDES

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