Israël : la formation d'un gouvernement ne sera pas facile pour Benyamin Nétanyahou

Le reportage de Luc Chartrand

Maintenant que les résultats sont connus, Benyamin Nétanyahou devra résoudre une équation politique difficile pour former son gouvernement, car le nouvel homme qui compte désormais en Israël, Yaïr Lapid, diverge avec le chef du Likoud sur plusieurs points.

D'abord sur les questions économiques et sociales, le chef du parti Yesh Atid (Il y a un avenir), maintenant la deuxième formation en importance au Parlement, se fait le défenseur des classes moyennes. Il exige une meilleure répartition du « fardeau » fiscal ainsi que des réformes pour abaisser le prix des logements. Il prône également une cure d'amaigrissement pour le gouvernement.

Par ailleurs, Yaïr Lapid milite pour la conscription des jeunes religieux ultra-orthodoxes, dont la plupart sont exemptés de service militaire contrairement au reste de la population.

Le gouvernement dirigé par M. Nétanyahou a mené une politique de droite qui lui a valu de nombreuses critiques en Israël, notamment lors de l'apparition d'un mouvement de protestation, semblable à celui des indignés en Espagne, qui réclamait plus de justice sociale.

Toutefois, M. Lapid s'est montré disposé à former une alliance, rejetant l'idée d'un bloc contre M. Nétanyahou.

De son côté, le premier ministre israélien, conscient de sa faible marge de manœuvre, a montré des dispositions à infléchir ses politiques sociales.

« Les Israéliens veulent que je forme un gouvernement qui impulsera trois grands changements dans la politique intérieure : une plus grande égalité, des logements plus abordables et des changements dans les méthodes de gouvernement », a déclaré M. Nétanyahou.

Reste à savoir jusqu'où ira le compromis lors des prochaines négociations entre les deux hommes pour aboutir à un accord.

Divergences sérieuses

Mais, au-delà des questions de politiques internes, la question palestinienne et l'attitude à avoir envers l'Iran risquent d'être des os plus durs.

Si M. Nétanyahou prône depuis des mois la ligne dure contre l'Iran, Yaïr Lapid a rejeté toute intervention unilatérale contre les installations nucléaires iraniennes.

Sur la question palestinienne, M. Lapid est favorable à une relance des pourparlers de paix avec les Palestiniens. Selon lui, il est « irresponsable » d'avoir gelé depuis si longtemps les négociations, au point mort depuis la fin 2010.

« Ce que nous sommes en train de faire, c'est de transmettre le conflit le plus explosif de nos vies à la prochaine génération », déplore ce partisan d'une solution à deux États.

Il ne veut cependant pas revenir sur l'annexion de Jérusalem-Est, qui constitue une des exigences des Palestiniens qui veulent faire de cette partie de la ville la capitale de leur futur État.

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