Israël : les blocs de droite et de centre gauche à égalité

Le reportage de Luc Chartrand

Reconduit au pouvoir mardi par les électeurs israéliens, le premier ministre Benyamin Nétanyahou ressort affaibli de ces élections au terme desquelles il devra former un gouvernement de coalition stable qui incarnera les idéaux de ses alliés de la droite radicale autant que ceux de ses adversaires du centre.

Bien que le premier ministre Benyamin Nétanyahou ait été déclaré vainqueur des élections, les blocs de droite et de centre gauche ont obtenu chacun 60 sièges à la Knesset, selon les chiffres publiés mercredi par la commission centrale électorale.

Après le décompte de la quasi-totalité des bulletins de vote mercredi, le parti de Benyamin Nétanyahou, le Likoud, et son partenaire ultranationaliste Israël Beïtenou, obtiennent 31 sièges, soit 11 de moins que lors des législatives de 2009. Les alliés de Benyamin Nétanyahou, Bayit Yehudi (Le Foyer juif) de Naftali Bennett obtient 11 élus, le parti ultraorthodoxe Chass en obtient 11 et ashkénaze Judaïsme unifié de la Torah, 7.

En tant que chef de la formation politique la plus représentée à la Knesset, M. Nétanyahou demeure le candidat le mieux placé pour être désigné par le président Shimon Peres pour former le prochain gouvernement.

Après l'annonce des premiers résultats mardi, Benyamin Nétanyahou a rapidement revendiqué sa victoire, remerciant les Israéliens de l'avoir réélu. Il s'est adressé à ses partisans en déclarant que les « résultats des élections offrent une occasion de procéder à des changements auxquels aspirent les Israéliens ».

« J'ai l'intention de mener ce changement et, dans ce but, j'ai l'intention de former le gouvernement le plus large possible », a-t-il ajouté.

Sur le plan international, M. Nétanyahou a affirmé que « le premier défi auquel sera confronté le prochain gouvernement reste et demeurera d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire ».

Benyamin Nétanyahou s'adressant à ses partisans.

Les nouveaux centristes se démarquent 

Le fait marquant de cette élection est la percée du nouveau parti centriste Yesh Atid (Un avenir existe), qui obtient 19 sièges et devient le deuxième parti du pays, devant le Parti travailliste de Shelly Yachimovich, qui obtient 15 sièges.

« J'exhorte les dirigeants politiques à agir avec moi pour former ensemble le gouvernement le plus large possible qui unira les éléments modérés de gauche et de droite pour un réel changement », a plaidé le chef du parti Yaïr Lapid en s'adressant à ses partisans à Tel-Aviv.

Le nouveau mouvement centriste de l'ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, HaTnouha, qui a fait campagne pour la relance du processus de paix avec les Palestiniens, obtient 7 sièges, le Meretz 6, les partis arabes 12 et Kadima 2.

Selon le commentateur de la radio militaire, M. Nétanyahou « n'aura pas d'autre choix que de proposer un des trois grands ministères, la Défense, les Affaires étrangères ou les Finances, à Yaïr Lapid [le chef de Yesh Atid] ».

Le premier ministre sortant a bénéficié de la division de l'opposition, qui n'est pas parvenue à se ranger derrière un candidat viable lors de la campagne électorale. Il a également profité du fait que la plupart des Israéliens ont peu d'espoir quant à la question des pourparlers de paix avec les Palestiniens.

Les formations comme Bayit Yehudi, de Naftali Bennett, ou le parti ultraorthodoxe Chass, sont ouvertement hostiles à la création d'un État palestinien et prônent l'expansion des colonies juives en Cisjordanie. Une alliance avec l'un de ces partis mettrait à mal le fragile processus de paix entre Israël et les Palestiniens.

Le suspense demeure sur le choix du parti avec lequel un éventuel gouvernement Nétanyahou fera coalition pour gouverner.

Yaïr Lapid, le chef du parti Yaïr Lapid, s'adresse à ses partisans à Tel-Aviv.

Le système électoral israélien

En Israël, les 120 sièges du Parlement, appelé la Knesset, sont attribués selon un mode de scrutin proportionnel intégral.

Dans un tel système, il n'y a pas de circonscriptions électorales. Le territoire national constitue la seule et unique circonscription.

Lors de l'élection, les citoyens ne votent pas pour un candidat, mais plutôt pour une liste de candidats que propose chacun des partis. Cette année, 32 partis politiques ont présenté des listes aux législatives.

Chaque parti en lice reçoit ensuite un nombre de sièges proportionnel au pourcentage de votes qu'il a recueilli lors du scrutin.

Pour siéger à la Knesset, un parti doit obtenir au moins 2 % des voix. Dans le Parlement sortant, douze partis étaient représentés.

Il est plutôt rare dans un tel système qu'un seul parti remporte une majorité absolue à la Knesset étant donné le grand nombre de partis politiques impliqués dans l'élection. Jamais, depuis la création de l'État d'Israël, un seul parti n'a remporté une majorité absolue au Parlement.

Pour former le gouvernement, le président du pays organise des consultations avec les chefs des partis représentés à la Knesset pour former une coalition majoritaire. C'est traditionnellement au chef du parti qui a obtenu le plus de sièges à la Knesset (le premier ministre) que le président demande de former le gouvernement.

Le premier ministre dispose alors de 42 jours pour former un gouvernement de coalition stable et majoritaire.

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